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Des petits Nigérians cobayes
L’affaire remonte à 1996. Une épidémie de méningite cérébrale secoue le Nigeria et affecte de nombreux enfants et nourrissons. La firme Pfizer propose un nouvel antibiotique : le Trovan®, qui n’a encore jamais été expérimenté. Sans l’accord des autorités nigérianes, sans prévenir les familles, le Trovan® est prescrit à une centaine d’enfants, une autre centaine recevant le traitement de référence. Il s’agit donc bien d’une expérimentation. En 1999, la FDA (Food and Drug Administration), l’organisme étasunien d’autorisation des médicaments, au vu des séquelles enregistrées avec le Trovan®, en restreint l’usage chez l’adulte et l’interdit chez les enfants. En 2001, trente familles nigérianes, déposent une plainte contre le géant pharmaceutique : parmi leurs membres, onze enfants sont morts et d’autres doivent faire face à des séquelles cérébrales ou motrices importantes. Plainte repoussée. Mai 2006, des experts nigérians accusent Pfizer d’avoir procédé illégalement à des expérimentations et réclament des réparations financières. L’ONG, Médecins sans frontières, qui intervenait au Nigeria à l’hôpital de Kano, où a eu lieu l’affaire, pourrait être appelé à témoigner. L’Afrique, champ d’expérimentation des médicaments pour les firmes pharmaceutiques ? C’est la thèse de La constance du jardinier, le livre écrit par John Le Carré, dont il a été tiré un film Constant gardener, toujours sur certains écrans. La réalité rejoint souvent la fiction !
C. B.
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