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Rapport accablant
Destiné à être le fer de lance du plan anticancer décidé par Jacques Chirac, l’INCa, l’Institut national
du cancer, un an après sa création, a fait l’objet d’un rapport d’audit réalisé par
le Contrôle général économique et financier du ministère du Budget. Normal,
l’État a affecté à cet Institut
70 millions d’euros de crédits pour 2005, 90 millions pour 2006. Résultat : 68 pages qui passent au crible l’INCa et dénoncent de graves dysfonctionnements, en particulier au niveau de l’utilisation de l’argent public : des barèmes de frais de mission démesurés, des rémunérations hors de proportion pour certains de ses cadres, des frais de locations et d’aménagements immobiliers trop importants, des passations de marché se faisant insuffisamment sur appel d’offres, autant d’irrégularités précisées dans le rapport. Autres griefs, une tendance à s’enfermer dans une tour d’ivoire sans travailler de concert avec les cancéropôles (sept au total, censés harmoniser les initiatives contre le cancer). Bref, prévu pour fonctionner, à terme, avec une centaine de personnes, l’INCa en emploie déjà plus de 180, ce qui pose des problèmes de locaux.
En plus, cinq des personnes embauchées s’avèrent avoir des liens de parenté avec des membres de la direction. Certes, la personnalité de son président, David Khayat, par ailleurs chef de service à l’hôpital de La Pitié-Salpétrière (Paris) et ami de Jacques Chirac, ne fait pas l’unanimité dans le monde de la cancérologie, et on peut imaginer que les dérives de l’INCa, dénoncées primitivement par de «courageux » courriers anonymes, font le jeu de luttes intestines. Mais, tout cela a un parfum de scandale, inadmissible pour les malades qui espèrent la guérison, et mine, encore un peu plus, leur confiance en la médecine, dont ils ont besoin pour vaincre la maladie !
C. B.
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