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La résistance s’organise
C’était trop beau. Le 9 décembre 2005, le tribunal d’Orléans relaxait 49 faucheurs volontaires de maïs OGM, en s’appuyant sur
le principe de précaution énoncé dans la Charte de l’environnement, Charte désormais incluse dans la Constitution. Las ! La Cour d’appel est revenue sur cette décision exemplaire le 27 juin dernier, en condamnant à deux mois de prison ferme Jean-Emile Sanchez, parce qu’il était à l’époque porte-parole de la Confédération paysanne, à deux mois avec sursis ses 48 collègues, et chacun d’eux à mille euros d’amende. « Une telle justice de clan ne fait pas reculer les “faucheurs volontaires” d’OGM » assure la Confédération. En effet, Greenpeace, qui avait pris l’initiative de publier sur Internet la carte des sites français de cultures d’OGM et s’était vue obligée par le Tribunal de grande instance de Paris le 26 juillet de retirer cette publication à la demande de deux agriculteurs, a répliqué aussitôt. Rappelant qu’une directive européenne de 2001, que
la France tarde à transcrire dans son droit, rend obligatoire l’information du public sur les essais d’OGM, l’association écologiste a monté un coup spectaculaire avec Yann Arthus-Bertrand. Ce dernier a photographié une croix de 30 mètres de diamètre, tracée à la manière des « crop circles » dans un champ de maïs OGM du Lot- et-Garonne. Photo qui a fait le tour du monde. Quelques jours plus tard, deux cents faucheurs volontaires détruisaient un champ de maïs OGM à Saint-Hilaire (Haute-Garonne).
Simultanément, d’autres groupes s’en prenaient à des cultures OGM dans le même département, ainsi qu’en Tarn-et-Garonne, puis le 13 août, en Eure et Loir et dans le Loiret. Plusieurs militants ont été placés quelques heures en garde à vue et
devront répondre de leurs actions en justice. Dénonçant le durcissement des pouvoirs publics et des tribunaux, Greenpeace, la Confédération paysanne et le Collectif des faucheurs
volontaires assurent qu’ils
ne se laisseront pas intimider. La carte des sites français d’OGM est désormais publiée sur Internet par Greenpeace international, la Confédération paysanne et l’Alliance pour la planète.
R. P.
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