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Biogemma tente de «faucher» l’appartement du Vert Lemaire
Gilles Lemaire, l’ex-secrétaire national des Verts, a reçu un avis de saisie concernant son domicile situé dans le IIIe arrondissement de Paris, pour avoir fauché, il y a 2 ans, avec 400 autres militants, du maïs transgénique à Marsat (Puy-de-Dôme). La société Biogemma a fait appel des précédentes décisions des tribunaux d’Orléans (9/12/05) et de Versailles (12/01/06) qui avaient relaxé les manifestants au titre de « l’état de nécessité » (article 122-7 du code pénal et Convention européenne des droits de l’homme). Les grands groupes agroalimentaires essaient d’aller au bout des procédures pour tenter de casser la dynamique et intimider les anti-OGM. Mais ils obtiennent l’effet inverse et suscitent d’autres vocations : 400 faucheurs en 2003, 6000 aujourd’hui.
Gilles Lemaire, lors d’une conférence de presse dans son modeste appartement, le 21 septembre, a dénoncé une justice à deux vitesses : « Il a fallu attendre 5 ans pour le procès contre Monsanto, alors que 6 mois ont suffi pour nous convoquer. »
Noël Mamère, venu soutenir son ami écologiste interroge : « Qui sont les délinquants, ceux qui n’appliquent pas le principe de précaution, ou ceux qui le respectent ? Il n’y a pas de cohabitation possible entre OGM et agriculture conventionnelle. C’est une opération de salut public. »
Par ailleurs, en soutien aux inculpés, des « faucheurs urbains » organisent des actions dans la capitale. François Longérinas, maire-adjoint Vert du IIIe arrondissement de Paris, explique : « Nous nous rendons dans un supermarché, remplissons des chariots de produits contenant des OGM d’après la liste fournie par Greenpeace (1) et faisons un maximum de bruit afin d’alerter les clients ; une fois à l’extérieur du magasin, nous continuons notre manifestation en distribuant des tracts. »
Quant à Gilles Lemaire, il a fait appel et ira, s’il le faut, devant la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE).
D. B.
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