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Dès la troisième semaine de grossesse, des cellules cardiaques se mettent à palpiter ; à 6 semaines de vie fœtale, le cœur est entièrement constitué, il bat et il continuera de battre jusqu’au dernier souffle. La crise cardiaque – et l’imminence de mort qu’elle symbolise – reste, de tous les accidents, celui qui affecte le plus profondément les patients. « Ils se posent alors des questions qui n’avaient jamais effleuré leur champ conscient auparavant, note Maurice Cloarec, médecin cardiologue, professeur à l’université de Paris VI, qui a longtemps dirigé le service des maladies vasculaires à l’hôpital Tenon, à Paris. On ne peut pas ignorer le retentissement psychologique de l’infarctus sur l’individu, et les troubles anxieux ou dépressifs susceptibles de survenir. »
Un organe lié à tout ce qui importe
En dehors des cas d’urgence, c’est lors de situations particulières : un émoi, une colère, une angoisse, un effort, que le cœur se rappelle à notre conscience. En s’emballant ou en ralentissant, les battements cardiaques deviennent soudainement perceptibles, alors qu’habituellement ils passent inaperçus. Ce phénomène accentue la force symbolique du cœur et donne à penser que cet organe est lié à tout ce qui importe. Alors que nous avons autant besoin de nos poumons que de notre cœur pour vivre, ce dernier a beaucoup plus d’importance dans notre inconscient.
Négliger ces aspects est dommageable. Réduire la crise cardiaque à un encombrement de tuyauterie revient à oublier la globalité de l’être humain. Certes, la réalité des plaques d’athérome (1) ne fait aucun doute, mais la naissance du caillot qui provoque l’infarctus n’a pas de lien événementiel avec l’abus de tabac, d’alcool, d’aliments gras… raisons classiquement invoquées pour expliquer la survenue de l’accident.
La médecine psychosomatique, qui s’intéresse aux relations entre la psyché et le corps physique, entre les émotions et leur retentissement sur le corps, analyse l’infarctus comme résultant d’une lutte permanente pour la réussite et le succès, avec, pour corollaire, une certaine vulnérabilité lors d’un échec.
Se référer au monde animal est parfois très instructif. Par exemple, les cerfs – au régime végétarien strict, qui ne fument ni ne boivent ! –, font des infarctus le jour où un concurrent, plus jeune et vigoureux, parvient à les chasser de leur territoire. Pour les tenants du décodage biologique, méthode inspirée de la psychosomatique, qui propose de comprendre la signification d’un symptôme, l’infarctus de l’homme serait, comme pour le cerf, lié au sentiment de perte de territoire, qu’il s’agisse du travail, de la famille, de la maison… Identifier l’événement déclencheur (licenciement, mise à l’écart, désaffection d’un(e) partenaire…) permet de trouver le sens du symptôme et d’en guérir.
Relaxation, yoga, exercice physique
Ces réflexions amènent à considérer la crise cardiaque sous un angle nouveau. Si évacuer l’angoisse et le stress par la relaxation, le yoga ou l’exercice physique est important après un infarctus (pour en prévenir les récidives), un travail est également à entreprendre sur le plan émotionnel.
Il y a quelques milliers d’années, les Chinois l’avaient compris : la santé, pour eux, dépendait de la pureté du cœur, élément feu par excellence, représentant la joie, l’amour et la générosité. Le « Maître gouverneur du cœur » est l’un des douze principaux méridiens qui permet la circulation de l’énergie, donc de la vie.
cécile baudet
(1) Les plaques d’athérome, constituées en partie de dépôts de cholestérol, réduisent la dimension des vaisseaux sanguins et ralentissent la circulation.
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