Grève boule de neige
Demandant le règlement de leurs heures supplémentaires, les urgentistes du syndicat de Patrick Pelloux : l'Amuf (1), se sont mis en grève symbolique (ils répondent aux réquisitions et assurent les soins) le 24 décembre dernier. Les médecins anesthésistes ont aussi rallié le mouvement. Deux intersyndicats, la CPH(2) et l’INPH, regroupant tous les types de médecins hospitaliers ont rejoint la protestation.
Le problème, en effet, est de taille. Au 31 décembre 2007, 3,5 millions de jours épargnés de RTT et 23 millions d'heures supplémentaires (médecins et non médecins confondus) restaient impayés.
Le 15 janvier, trois syndicats de médecins (CMH, INPH et Snam-HP) ont signé avec Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, un accord qui ne porte que sur le rachat des jours de RTT des médecins. Il prévoit une indemnisation possible et limitée à 50 % de ces journées stockées dans les comptes épargne temps. Chaque praticien pourra choisir entre le règlement, la prise de jours de congés ou la « consolidation de tout ou partie de ses jours dans un dispositif de type épargne retraite ». Le coût, pour l'État et les hôpitaux, se situe entre 250 et 350 millions d’euros.
La CPH, qui représente 40 % des médecins hospitaliers, les urgentistes (Amuf) et les anesthésistes n'ont pas signé. Ils ont déposé un préavis de grève, bien réel, des soins non urgents.
Nous ignorons à l’heure où nous mettons sous presse si un accord sera trouvé avec les syndicats d'agents hospitaliers non médecins (aides-soignants, infirmiers, cadres…). Une fois ces comptes réglés, demeurera la question de fond : l'insuffisance des effectifs soignants à l'hôpital.
R. B.
(1) Association hospitalière des médecins urgentistes de France.
(2) La Confédération des praticiens des hôpitaux, dont fait partie l'Amuf, et l'INPH, Intersyndicat national des praticiens hospitaliers.
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