Davantage de cancers près des centrales
L’Université de Mayence (Allemagne) a publié en décembre dernier une étude sur le risque de cancers chez les enfants habitant dans les environs d’une des seize centrales nucléaires du pays, pendant les années 1980 à 2003. Les résultats, « statistiquement significatifs », montrent une augmentation des cas de cancers jusqu'à 50 km des centrales, celle-ci croissant encore à leur proximité, de plus de la moitié (60 %), lorsque les enfants habitent à moins de 5 km. Mais pour les seules leucémies infantiles, c’est plus du double de la moyenne nationale. Certes, les cancers étant d’origine plurifactorielle, il est très difficile d’établir un lien de cause à effet. Mais ces résultats sont d'autant plus inquiétants qu'ils confirment des études plus anciennes. Les premières montraient déjà un surcroît de leucémies chez les enfants des employés de centres de retraitement des déchets nucléaires de Sellafield et Dounreay (Angleterre). Une autre enquête en avait trouvé 2,8 fois plus chez les jeunes de moins de 25 ans, dans un rayon de moins de 10 km autour de l’usine de retraitement de La Hague (Manche) (1). La Ligue suisse contre le cancer vient de commander une étude similaire. Le réseau Sortir du nucléaire (2) a écrit une lettre au président de la République et aux ministres de l’écologie et de la Santé pour leur demander de confier à des experts indépendants de l’industrie nucléaire le même travail sur l’ensemble des sites de notre pays.
R. P.
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