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Les repas santé

 

 Repas santé - ChereauNos comportements alimentaires seraient à l’origine de 30 à 40 % des cancers. Les résultats des milliers d’études consacrées à l’alimentation sont contradictoires. Mais on peut émettre quelques recommandations fortes.

Parmi les dix commandements du code européen contre le cancer, il en est deux qui nous paraissent mériter la plus grande attention. Le premier a trait à l’excès de poids « à éviter », ce qui suppose d’« augmenter l’activité physique et de limiter la consommation d’aliments riches en matières grasses ».Le second conseille d’« accroître la consommation quotidienne de fruits et de légumes frais. Et de manger souvent des céréales à haute teneur en fibres ».

Limiter les apports de matières grasses

Actuellement, les graisses couvrent 45 % de notre ration quotidienne. Au lieu des 25 % de proportion idéale sur lesquelles s’accordent les nutritionnistes. Premier effort : réduire l’apport de corps gras. Second effort : privilégier les graisses non saturées d’origine végétale.

En effet, on distingue les graisses d’origine animale : viandes grasses, charcuteries, beurre, produits laitiers… ; et les huiles végétales et de poisson. Les premières contiennent surtout des acides gras saturés ; les secondes, des acides gras insaturés (mono ou polyinsaturés). Certains acides gras insaturés, les AGE (acides gras essentiels), sont indispensables au bon fonctionnement des membranes des cellules et l’organisme est incapable de les synthétiser lui-même. Il faut en consommer.

Ces AGE sont regroupés principalement en deux catégories : la famille Omega 6 (on en trouve dans l’huile de maïs, de tournesol, d’olive) et la famille Oméga 3 (huile de colza, de soja, de lin, d’onagre, de bourrache, de noix, de pépins de raisins, de courge, de germes de blé et de poisson). Il semble que les acides gras Omega 3 aient un rôle protecteur contre le cancer. Les huiles de poisson sont, par ailleurs, riches en substances telles que l’EPA (acide eicosapentaénoïque) et le DHA (acide docosahexaénoïque) qui contribuent à la différenciation et à la division cellulaire, et aux réactions inflammatoires et immunitaires.

Les graisses couvrent 45 % de notre ration quotidienne alors qu’elles ne devraient en représenter que 25 %.

Néanmoins, parce qu’elles sont polyinsaturées, donc fragiles, ces huiles rancissent facilement, perdant alors en partie leur intérêt.L’huile d’olive apparaît comme particulièrement bien équilibrée. Elle est d’ailleurs l’une des vedettes du fameux régime méditerranéen réputé (Journal of the National Cancer Institute, janvier 1995) avoir un effet protecteur contre le cancer du sein.Toutefois, plus un cancer est hormonodépendant (c’est-à-dire sensible à la présence d’hormones), plus il faut veiller à limiter toutes les sources de corps gras.

L’importance des fruits et des légumes

Une étude publiée en 1996 dans la revue britannique The Lancet (3) confirme les bienfaits des huiles végétales et de leur association avec la consommation de légumes crus.

Les spécialistes soulignent l’importance des fruits et légumes et leur richesse en fibres dans les cancers colorectaux. Les fibres, en faisant office de « balai », évitent la stagnation dans l’intestin d’éléments non assimilables qui peuvent par leur présence et leur transformation perturber le fonctionnement de la muqueuse intestinale.

D’autres aliments également riches en fibres sont recommandés : les céréales. Toutefois, leur forte teneur en amidon les fait suspecter de favoriser la survenue de cancers du sein (The Lancet, vol. 347, May 18). S’agit-il de l’effet propre aux céréales signalé par le Dr Seignalet ou bien d’un apport calorique trop important lié à la consommation d’amidon ? Difficile de se prononcer. Une chose est sûre : la frugalité est à privilégier.

Par ailleurs, les recherches (Alimentation et cancer. Evaluation des données scientifiques, sous la coordination d’Elio Riboli, Françoise Decloître, Christina Collet-Ribbing, éd. Lavoisier, coll. TEC et DOC) précisent au fur et à mesure les bénéfices de tel légume ou fruit, en fonction de certains de leurs composés capables d’inhiber la cancérogenèse : soit en bloquant l’initiation du processus, soit en limitant la prolifération et la progression de la tumeur.

* On trouve dans le soja, le ginkgo biloba, l’oignon, la pomme, le raisin, le vin, le pollen, le thé (tout particulièrement le thé vert) des flavonoïdes. Ceux-ci affectent le fonctionnement d’un grand nombre d’enzymes impliquées dans le phénomène cancéreux et la transformation des radicaux libres (source de vieillissement). On attribue à la consommation importante de soja dans les pays asiatiques des taux moins élevés de cancers du sein et du côlon.consultez...

* Les glucosinolates contenues dans les choux, brocolis, choux de Bruxelles, choux-fleurs favoriseraient l’élimination de certains produits cancérogènes de l’organisme ;

* Les composés soufrés de l’ail, diminueraient significativement le risque de cancer de l’intestin.Par contre, la consommation de pommes de terre et de légumineuses (fèves, pois, haricots…) ne semble apporter aucun bénéfice ; au contraire, certaines études lient leur usage à des risques accrus de tumeurs.

L’importance des vitamines et des minéraux

Autre intérêt des fruits et des légumes : leur apport en vitamines et sels minéraux, dont le rôle a été étudié.

* Le rôle de la vitamine A dans la différenciation cellulaire, dans le contrôle du système immunitaire et dans la protection des tissus contre les agressions laissait supposer qu’elle pouvait prévenir la survenue du cancer. Les choses ne sont pas si simples. Il existe deux formes de vitamine A : le rétinol d’origine animale (lait, beurre, œuf, foie, poisson) et les provitamines A (en particulier le bêta-carotène) d’origine végétale (légumes verts, carotte, tomate, courge, potiron, fruits de couleur jaune et orange) (voir ALTERNATIVE SANTÉ - L’Impatient n° 257, juin 1999). On a établi une relation inverse entre le taux de bêta-carotène dans le sang et la probabilité de développer un cancer du poumon (plus celui-là est faible plus celle-ci augmente et inversement). Même chose pour le lycopène (provitamine A de la tomate) et le cancer de la prostate. Par contre, une trop forte ingestion de vitamine A a été accusée d’induire des cancers de la bouche, du larynx, de l’œsophage, du côlon et du rectum.

* La vitamine E a un effet antioxydant et, à ce titre, protège effectivement de certains types de cancers (poumon, estomac, vessie et pancréas). Cet effet semble plus probant chez l’homme que chez la femme. Il existe une synergie entre la vitamine E et le sélénium. On trouve la vitamine E dans les huiles et margarines végétales, les fruits secs oléagineux, les germes de céréales, les légumes verts, le foie, le jaune d’œuf, le beurre.

* La vitamine C que l’on trouve dans les fruits de couleurs jaune et orange et dans les agrumes, dans les légumes verts régule la formation des tissus de soutien. Elle joue un rôle clé dans les défenses immunitaires. Pour ces deux raisons, elle s’oppose au développement des tissus cancéreux.En outre, elle bloque la formation de nitrosamines mutagènes et cancérogènes. Il n’est donc pas étonnant qu’un grand nombre d’enquêtes épidémiologiques montrent l’association de la consommation d’aliments riches en vitamine C avec un effet protecteur, surtout contre les cancers de l’estomac et de l’intestin.

* Le sélénium plus abondant dans les abats et fruits de mer. Une étude réalisée en Arizona (Pr L. C. Clark) a déjà suggéré qu’une supplémentation en sélénium réduit de 63 % le risque de cancer prostatique, de 58 % celui de cancer colo-rectal et de 45 % celui de cancer pulmonaire. Des études sont en cours (SU.VI.MAX) en France (Le projet SU.VI.MAX, dirigé par le Dr S. Hercberg, directeur de recherche à l’Inserm, a choisi de tester l’effet des supplémentations de zinc, carotène, vit. E, C et sélénium sur une population de 7 500 volontaires pendant huit ans.) pour déterminer l’intérêt de cet oligoélément.

* Le zinc. Il est présent dans les fruits de mer, les viandes maigres, les fruits secs et les légumineuses. Dans certaines régions, les déficiences graves en zinc ont été associées avec des taux élevés de cancer de l’œsophage.

Attention : l’intérêt soulevé par les nutriments ne doit pas inciter à en consommer plus que nécessaire. On le voit avec les vitamines et les minéraux : un trop grand apport renverse parfois la situation et occasionne des effets secondaires. C’est le cas du sélénium qui consommé en excès (au-delà de 750 microgrammes par jour), entraîne la chute des cheveux, des dents et une forte fatigue. Il faut donc insister sur l’absolue nécessité d’une alimentation variée, dans laquelle seront inclus les divers nutriments dont il est question ci-dessus, de préférence cru et de culture biologique.Ces indications alimentaires qui relèvent d’une bonne prévention des cancers sont valables pour la plupart des maladies.

Cécile Baudet impatient@medecines-douces.com

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