|
Redisons-le
: plus tôt est diagnostiqué un cancer du sein, plus il y a de
chances de guérison. Lidée du dépistage est donc de pratiquer
des mammographies en dehors de toute suspicion de cancer. Un tel
dépistage doit surtout cibler les femmes « à risque », âgées de
45 à 65 ans.Ce dépistage se heurte à une première difficulté :
la densité très variable du tissu mammaire, dune femme à
lautre. Lil du radiologue doit être bien exercé
et ne pas relâcher sa vigilance, au risque de fausser le résultat
annoncé. Le Bas-Rhin a fait le bilan des campagnes de dépistage
systématique commencées, avec les Bouches-du-Rhône, depuis maintenant
dix ans. Il a clairement mis en évidence la nécessité dune
double lecture systématique de toutes les mammographies. Car 18,7
% des cancers manqués par le premier lecteur sont « récupérés
» en seconde lecture. En outre, le Bas-Rhin souligne limportance
dune « assurance-qualité » à laquelle devraient souscrire
volontairement les radiologues, et qui garantirait de meilleurs
résultats techniques (netteté dimages et moindre dose de
rayonnements).
Une autre
difficulté tient à ladhésion des femmes à cette démarche.
On sest rendu compte que celles qui sy prêtaient le
plus facilement étaient suivies gynécologiquement. Il sagissait
de femmes jeunes (30-45 ans), donc à moindre risque, médicalement
parlant. Alors que 30 % seulement des femmes de plus de 50 ans
se font dépister. Cest néanmoins à partir de cet âge et
jusquà 60 ans que le risque de développer un cancer du sein
devient maximal. Il tend à diminuer après cet âge et les cancers
ont alors une croissance plus lente.
En
conclusion
À
partir de 50 ans, une mammographie est vivement conseillée tous
les dix-huit mois ou deux ans. Ce rythme peut être ralenti après
55 ans.
En dépit de la difficulté de lecture des mammographies avant la
ménopause, certains médecins recommandent un suivi régulier à
partir de 40 ans. Pour toutes les femmes ? Sans doute cela est-il
un peu excessif ; mais surtout pour les femmes considérées à risque
: celles qui ont des antécédents de cancer du sein dans leur famille
(côté paternel ou maternel ; une consultation en oncogénétique
peut lever les incertitudes) ; celles chez qui on soupçonne des
lésions précancéreuses.

|