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Interview
Dr Laurent Schwartz

«Les progrès annoncés ne sont pas au rendez-vous»

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vivre le cancer
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Laurent Schwartz est cancérologue à l’hôpital Saint-Louis de Paris. Il a publié en septembre 1998, aux Éditions Hachette, un ouvrage intitulé Métastases. Vérités sur le cancer Éd. Hachette Littératures, 1998

 

 

ALTERNATIVE SANTÉ - L’Impatient : Dr Laurent Schwartz, peut-on parler de faillite de la cancérologie ?

Laurent Schwartz : Je vous laisse le choix du mot. Ce qui est sûr, c’est que les progrès annoncés dans les années 70, puis dans les années 80, ne sont pas au rendez-vous. Et nous nous trouvons confrontés de façon quotidienne à l’échec thérapeutique. C’est à la fois inadmissible et désespérant.

Vous êtes pessimiste ?

Non optimiste. Dire l’échec actuel, ce n’est pas tuer l’espoir. Je me demande si nous arriverons à concevoir et à mettre au point un traitement qui puisse rivaliser d’invention avec l’extraordinaire faculté d’adaptation des cellules cancéreuses. Sans doute faudrait-il prendre davantage de recul, demander aux chercheurs d’autres sciences de nous aider à poser les bonnes questions et à y répondre. La solution est peut-être là sous nos yeux ; on ne la verrait pas parce qu’on serait obnubilé par le « médicalement correct » et la toute-puissance du dogme.Quelles bonnes questions devrions-nous nous poser ?Le cœur n’est pas touché par le cancer, pourquoi ? Pourquoi certaines localisations sont-elles plus fréquentes que d’autres ? Pourquoi le cancer du sein et pas celui des côtes ? Pourquoi y a-t-il une épidémie de cancers ? Le tabac n’explique pas tout. Pourquoi un seul type de cancer ? Car, quand un cancer du sein métastase au foie et aux os, c’est bien la même tumeur initiale qui essaime ? Cela m’amène à me poser la question de savoir si la tumeur ne contient pas des anti-cancéreux qui empêchent la survenue d’autres cancers…

Quelles solutions proposez-vous ?

D’abord, il faudrait que les médecins disent la vérité : malgré tous les efforts déployés et l’argent dépensé, on meurt encore du cancer. Trop souvent. La chimiothérapie a des indications vraies qui sont limitées. La thérapie génique est un espoir lointain. Alors posons-nous et réfléchissons. Actuellement, il n’y a pas de traitement miracle des gros cancers. La seule chose à faire, c’est de les déceler petits. Alors, diagnostiquons-les le plus tôt possible. On est capable de voir un petit cratère sur Mars et on n’est pas capable de visualiser les vrais petits cancers !

Propos recueillis parCécile Baudet impatient@medecines-douces.com


 

 

 

 

 

 
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