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ALTERNATIVE
SANTÉ - LImpatient : Comment se présente la situation des
cancers féminins (sein, utérus, ovaires) en France ?
Les cancers
du sein et de lovaire sont de véritables problèmes de santé
publique et leur nombre augmente. Mais, le nombre de cancers du
col baisse régulièrement ; et cela depuis un siècle, avant même
la mise en place du dépistage, sans que lon sache vraiment
pourquoi. Cette baisse est dautant plus paradoxale que les
murs ont plutôt évolué dans le sens dune vie sexuelle
plus active, ce qui est lun des principaux facteurs de risque
Le cancer du col, sauf une forme à croissance rapide, est dépisté
à un stade plus précoce quautrefois avec de bons pronostics
de guérison. Quant au cancer du corps utérin, il est stable et
sa curabilité est bonne.
Quel
est le rôle de linduction dovulation, associée aux
techniques de procréation médicalement assistée, dans lapparition
du cancer des ovaires ?
Il est logique
de penser que cette technique, qui multiplie les ovulations, induit
un risque plus grand de cancers de lovaire. Il y a donc
un grand doute, mais cela est surveillé de très près.
En
France, environ 2 000 femmes meurent chaque année du cancer du
col. Où en le dépistage ?
La mise en
place du dépistage du cancer du col nest pas un problème
médical mais un problème politique. Il existe des expériences
régionales, comme en Isère ; seulement, les contraintes bureaucratiques
sont telles, avec des dossiers à remplir et à renvoyer pour chaque
patiente, que de nombreux médecins se découragent. Cela va se
mettre en place.
Peut-on
dire que le cancer du col est une MST (maladie sexuellement transmissible)
et pourquoi ne conseille-t-on pas aux femmes dutiliser le
préservatif comme moyen de prévention ?
Oui, le cancer
du col est une maladie sexuellement transmissible car le papillomavirus
en est le premier responsable. Il y a aussi les facteurs de risques
liés au tabac et des gènes qui ne sopposent pas ou sopposent
mal à linfection par le papilloma. Les médecins font de
linformation sur le préservatif, mais peut-être davantage
à propos du chlamydia (une autre MST) qui est responsable de nombreuses
stérilités.
Vous
avez mis au point une technique chirurgicale qui permet aux femmes,
pour certains cancers du col, de préserver leur utérus?
Le cancer
survient chez de jeunes femmes et aujourdhui on peut traiter
efficacement en conservant les possibilités de maternité. Lorsque
la conisation est insuffisante et si le cancer ne se développe
pas vers le corps utérin, jutilise la trachélectomie. Cest
une opération effectuée par les voies naturelles : on enlève le
col mais aussi le dôme du vagin et certains tissus qui entourent
lutérus. Jopère ainsi depuis douze ans et les chances
de guérison sont les mêmes quavec lablation de lutérus.
Sur 61 patientes, 4 ont connu une récidive et, sur les 31 qui
ont voulu un bébé, 18 ont réussi !
Propos
recueillis par Martine Laganier impatient@medecines-douces.com
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