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Le
cancer du testicule reste un cancer rare et ne touche que 1 à
2 % des hommes. La technique de lautopalpation permet une
prévention simple et efficace.
Que les hommes
se rassurent, les tumeurs du testicule sont rares et ne représentent
que 1 à 2 % des tumeurs malignes masculines. Soit un taux de 2,3
sur 100 000 hommes concernés et 3 % des cancers urogénitaux. Mais
elles restent à surveiller, car elles surviennent souvent chez
des sujets jeunes de 20 à 30 ans et lévolution peut être
rapide. Le testicule, glande sexuelle mâle, a deux fonctions :
produire les spermatozoïdes et sécréter les hormones sexuelles
qui conditionnent les caractères sexuels secondaires masculins
(mutation de la voix, pilosité ). « Selon les statistiques,
ces cancers sont de 12 à 48 fois plus fréquents quand le testicule
nest pas descendu à sa place normale avant lâge de
six ans, explique le Dr Jean-Claude Durand de lInstitut
Curie. Il est donc indispensable de surveiller systématiquement
la descente testiculaire et, si celle-ci ne se fait pas, de la
provoquer artificiellement si possible à lâge de six ans.
»La découverte des cancers testiculaires se fait presque toujours
de la même façon. « Lattention du patient est attirée par
la présence dune masse dure dans le testicule. Elle peut
être de volume variable, soit un petit pois enchâssé
dans la glande, soit une masse volumineuse englobant tout le testicule,
explique le Dr Durand. Elle peut aussi être confondue avec une
tuméfaction, bénigne dans 90 % des cas. »
Les tumeurs
testiculaires saccompagnent souvent dune sensation
de lourdeur ou de tension et modifient laspect du testicule
: il ne sera, par exemple, plus homogène. « Ce nest parfois
quau bout de plusieurs mois que les patients consultent,
précise le Dr Durand, ce qui explique que plus de la moitié des
tumeurs testiculaires soient diagnostiquées alors quelles
ont déjà donné des métastases. » La prévention est donc primordiale.
Elle reste simple et se résume à la technique de lauto-examen.
Pour quelle soit optimale, lexamen doit se faire après
le bain ou la douche, quand la peau des bourses est amollie. Cet
examen se fait des deux mains pour saisir toutes les dimensions
du problème : différences de consistance entre les deux testicules
en palpant lentement la glande entre le pouce et lindex.
Si un nodule est trouvé, une consultation médicale suivie dun
bilan est nécessaire. Celui-ci comportera des analyses du taux
de certains marqueurs tumoraux (alphaftoprotéines et bêta-HCG)
très utiles pour mesurer lefficacité du traitement ; des
radiographies pulmonaires pour savoir si des métastases ont atteint
le poumon ; une urographie intraveineuse qui visualisera les reins.
Enfin, une
tomodensitométrie abdominale permettra dapprécier létat
des ganglions où peuvent également se trouver des métastases.
Ces examens permettent de savoir quel type de cancer est en train
de se développer. deux sortes de cancerLes cancers du testicule
peuvent se signaler par plusieurs sortes de tumeurs. Il en existe
deux principales : le semiome (40 % des cas), plus fréquent entre
30 et 55 ans, et les tumeurs germinales qui se développent aux
dépens des cellules des spermatozoïdes (60 % des cas). Ces dernières
apparaissent dans lenfance (avant 7 ans) ou chez le jeune
adulte (de 15 à 35 ans) et ont un aspect hétérogène.Le plus souvent,
le séminome est localisé au testicule (80 % des cas) ou aux ganglions
(15 % des cas) et, après opération (orchidectomie), le traitement
consiste à les irradier par radiothérapie. Dans 5 % des cas, des
métastases font entreprendre une chimiothérapie. La guérison de
ces cancers reste assurée dans 95 % des cas.Sil sagit
dune tumeur germinale, létendue du cancer est indiquée
par lexamen clinique des marqueurs libérés dans le sang
par les cellules cancéreuses (bêta-HCG et alphaftoprotéines),
par le scanner abdominal, thoracique et parfois cérébral. Quelle
que soit létendue de la maladie, le traitement passe par
une ablation du testicule. En cas de métastases, la chimiothérapie
utilise un produit très actif, le cisplatine, associé à dautres
médicaments pendant 9 à 12 semaines. Le traitement est similaire
si des ganglions sont atteints. Quand le cancer est limité au
testicule, on peut également enlever les ganglions et effectuer
une chimiothérapie complémentaire, ou simplement exercer une surveillance.
Environ 90 % des cas traités amorceront une rémission. Pour les
10 % restants, des chimiothérapies ultérieures sont proposées.Ces
traitements nentraînent pas dimpuissance ni dinfertilité
un seul testicule suffit à la reproduction, et le risque
de cancer bilatéral est très inférieur à 1 % « mais la
chirurgie sur les ganglions peut amener à une anéjaculation, précise
le Dr J.-C. Durand : le sperme ne sécoule pas, ce qui empêche
davoir des enfants. » En principe, la chimiothérapie nentraîne
pas de stérilité, cependant il existe des cas ou une fertilité
fragile na pu être conservée. Cest pour cette raison
que les médecins conseillent systématiquement de procéder à un
dépôt de sperme avant tout traitement.
Enfin, larrêt
de maladie pour le traitement dun cancer du testicule nexcède
pas en général six mois. Certains patients ninterrompent
pas leur activité. « Lavenir sannonce mieux, conclut
le Dr Durand. On peut encore réduire le nombre de malades et obtenir
des guérisons grâce à un meilleur dépistage, à lautopalpation
mais aussi par un examen systématique des bourses au cours de
tout bilan complet. »