Alternative
Santé - L'Impatient,
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Les
opposants à toute vaccination sont une petite minorité. Mais
les patients et les médecins qui refusent lune ou lautre
des vaccinations sont plus nombreux quon ne le pense.
Tous se retrouvent pour dénoncer labsence de reconnaissance
des effets secondaires et critiquer les obligations vaccinales.
Ceux
qui attribuent des effets secondaires au vaccin hépatite B tiennent
des propos dorigine sectaire », déclarait Bernard Kouchner,
au cours de sa conférence de presse du 21 janvier 1998. Jouant
habilement sur lambiguïté du mot sectaire, lex-secrétaire
dÉtat à la Santé accréditait la rumeur : la remise en
cause du vaccin hépatite B vient des antivaccinalistes, lesquels
sont suspectés dappartenir à des sectes ou dêtre
manipulés par elles. Quelques semaines plus tard, il devait
virer de bord et reconnaître que le Revahb, lassociation
qui regroupe les victimes de ce vaccin, apportait des dossiers
sérieux et quelle navait rien à voir avec une association
antivaccinaliste, encore moins avec des sectes. Reconnaissant
sa crédibilité, le secrétariat dÉtat à la Santé et lAgence
du médicament entament alors une collaboration avec les représentants
du Revahb.
Cette collaboration,
qui se poursuit toujours, a permis une révision complète de
la politique vaccinale contre lhépatite B, avec la suspension
des vaccinations dans les collèges, en octobre 1998, suspension
confirmée en mars 2000. Une « première », car critiquer les
vaccinations était jusquici impossible en France.Cent
ans après Pasteur, les vaccinations sont bien entrées dans les
murs, si lon en juge daprès les taux élevés
de couverture vaccinale en France et dans le monde (près de
80 % des enfants vaccinés chaque année). Mais il existe toujours
une minorité de réfractaires qui échappent à certaines vaccinations
et parfois à toutes. Cette minorité dérange ceux qui croient
que les vaccinations sont le seul moyen de prévention des épidémies
et qui jugent impensable quelles soient à lorigine
deffets secondaires. Tout au long du débat public sur
les conséquences du vaccin hépatite B, une partie de la presse
met en cause les « ligues antivaccinales », le journal La Recherche,
employant encore cet argument en janvier 2000. Ceux qui refusent
ou même seulement critiquent les vaccins sont considérés, sinon
comme des criminels, du moins comme des irresponsables. Or les
rares enquêtes sociologiques à ce sujet montrent que leurs motivations
sont exactement contraires à celles quon leur prête. «
Les milieux médicaux associent volontiers la
résistance aux vaccinations à des mouvements religieux ou à
des sectes. Cette rationalisation du phénomène [ ] ne vaut
pas pour la France », écrit Jolanta Skomska-Godefroy dans une
étude consacrée à « La résistance contemporaine à la vaccination
», publiée dans LAventure de la vaccination, un livre
très vaccinaliste, parrainé par la Fondation Mérieux (éd. Fayard)
! « Il s'agit dun phénomène laïque et non (ou très marginalement)
religieux », renchérit le groupe Expertise collective dans son
rapport Vaccinations : actualités et perspectives (éd. Inserm
1999). Loin dêtre synonyme dignorance, le refus
des vaccinations est plus répandu dans les catégories socioprofessionnelles
élevées que dans les autres et cest un choix motivé accompagné
dun grand sens des responsabilités dans le domaine de
la santé.