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Exigeons
linformation sur les risques et la déclaration de tous
les accidents
Léthique
médicale impose au médecin un devoir dinformation des
patients sur les risques deffets indésirables des vaccins.
En cas daccident postvaccinal, la loi oblige tout médecin,
dentiste, sage-femme, infirmier ou pharmacien qui en a connaissance
à déclarer cet accident à la pharmacovigilance. Exigeons lapplication
de ces dispositions trop rarement respectées !
Comme tout
acte médical, la vaccination nest pas un geste anodin.
Avant de vacciner, le médecin doit interroger son patient, vérifier
si le vaccin lui est indiqué, si le moment est opportun, et
chercher déventuelles contre-indications. Il ne doit pas
négliger de linformer des risques éventuels du vaccin.
En cas daccident postvaccinal, sa responsabilité pourrait
être mise en cause pour défaut dinformation. Le devoir
dinformation du malade est lun des fondements du
code de déontologie médicale. Mais cette disposition est longtemps
restée lettre morte, car, en cas daccident, cétait
au malade dapporter la preuve que le médecin ne lavait
pas informé correctement des risques. Depuis 1997, différents
arrêtés de la Cour de cassation ont mieux défini le contenu
de linformation à apporter et renversé la charge de la
preuve : en cas daccident, désormais, cest au médecin
dapporter la preuve quil a informé clairement son
patient. Les dispositions légales sur les droits des malades
qui doivent être prochainement soumises au Parlement iront dans
le même sens, précisait récemment Dominique Gillot, secrétaire
dÉtat à la Santé (Le Quotidien du médecin, 14 janvier
2000).
Devoir
dinformation et consentement éclairé
Linformation
des patients concerne tout acte médical et donc les vaccinations.
Elle doit leur permettre de choisir en connaissance de cause,
daccepter ou de refuser la vaccination. Le « consentement
éclairé » est lun des principes de base de léthique
médicale, reconnu par de nombreux accords internationaux et
par le Code de déontologie des médecins. Le médecin doit à la
fois informer le patient des risques du vaccin, comme des risques
dus à labsence de vaccination, cest-à-dire des risques
de la maladie. Dans un article du Quotidien du médecin (26 mars
1998), le juriste du Sou médical, service juridique du Groupement
des assurances mutuelles médicales, estimait que « pour les
vaccinations soumises à lappréciation du praticien (vaccinations
non obligatoires - Ndlr), linformation doit être plus
développée » que pour les vaccinations obligatoires. Il poussait
ainsi les médecins à commettre une faute grave ! Dans tous les
cas, linformation doit être la plus claire et la plus
complète possible. La Cour de cassation précise que cette information
doit être donnée de manière « simple, intelligible et loyale
».Linformation sur les éventuels effets indésirables concerne
les risques bénins autant que les risques graves, y compris
ceux qui sont exceptionnels. Elle doit porter sur les complications
dues au vaccin lui-même, ainsi quà lensemble de
ses constituants (milieu de culture, antibiotiques, conservateurs
ou autres). Sil sagit dun vaccin multivalent,
associant plusieurs vaccins, comme DT Polio, Tétracoq, Infanrix,
Priorix ou ROR, linformation doit porter sur les complications
éventuelles dues à chacune des souches vaccinales et sur celles
qui pourraient être spécifiques à cette combinaison.
Le
contenu de linformation
Le contenu
de cette information ne relève pas de la simple appréciation
personnelle du médecin. Il doit être conforme aux dernières
connaissances médicales en vigueur. Le minimum étant la référence
aux textes officiels qui sont périodiquement réactualisés :
notices des dictionnaires de spécialités pharmaceutiques (par
exemple, le Vidal), calendrier des recommandations du Comité
technique des vaccinations et Guide des vaccinations du même
Comité. En cas daccident non prévu par ces différents
documents, la responsabilité du médecin pourrait être engagée
sil savérait quil nait pas tenu compte
dinformations nouvelles qui auraient, par ailleurs, été
largement diffusées par des moyens non officiels (presse). Lexemple
des risques du vaccin hépatite B peut faire réfléchir.Bien que
linformation puisse nêtre quorale, le médecin
peut communiquer des documents écrits (copie des documents cités).
Cela paraît d'autant plus souhaitable que ces informations ne
figurent pas dans les notices des boîtes des vaccins. La communication
de documents écrits ne dispense toutefois pas le médecin dune
information orale.
Pas
de vaccination sans consentement
Selon le
principe du consentement éclairé, aucun traitement, donc aucune
vaccination, ne peut être fait sans le consentement du patient.
Sil sagit dun enfant, aucun vaccin ne peut
être fait sans le consentement des parents. Dans le cas des
obligations vaccinales, comme dans le cas des autres vaccinations,
le patient est en droit de refuser la vaccination. Il peut,
par exemple, craindre un accident et penser que le médecin ne
tient pas compte des contre-indications. Sil sagit
dune vaccination obligatoire, il peut refuser la vaccination
que le médecin lui propose, y compris sil sagit
du médecin du travail ou du médecin scolaire pour la vaccination
dun enfant. Le patient a toujours la possibilité de consulter
un autre médecin pour effectuer la vaccination ou obtenir un
certificat de contre-indication. Le médecin du travail ou le
médecin scolaire ne peuvent que prendre acte du refus de vaccination
et en avertir le médecin inspecteur du travail ou le directeur
de lentreprise ou de létablissement. Cest
à ces derniers den tirer les conséquences (mutation, licenciement,
exclusion de létablissement scolaire ou seulement dun
cours, ou changement de section) sils jugent quil
y a infraction. Il existe toutefois quelques exceptions au principe
du consentement éclairé, exceptions qui ne peuvent être utilisées
que dans un cadre juridique strict. Lurgence semble difficile
à invoquer en cas de vaccination, étant donné quil sagit
dun acte de prévention. La non-assistance à un mineur
peut être par contre invoquée et il est arrivé, dans des cas
exceptionnels, que des enfants soient vaccinés sans laccord
des parents. Toutefois, le médecin ne peut prendre lui-même
cette décision qui relève du juge des enfants.
Outre son
devoir dinformation, le médecin doit aussi surveiller
la survenue déventuels effets indésirables après vaccination.
Ce devoir ne sapplique pas seulement au médecin vaccinateur.
Tout médecin, dentiste, sage-femme, pharmacien, infirmier «
ayant eu connaissance dun effet indésirable grave ou inattendu
susceptible dêtre dû à un médicament ou [ ] à un
vaccin, quil lait ou non prescrit, doit en faire
la déclaration immédiate au Centre régional de pharmacovigilance
». Cette obligation a été rappelée par courrier, à tous les
médecins, à la fin de lannée 1994, et est formulée de
manière détaillée dans la première partie du Guide des vaccinations
de la Direction générale de la Santé, ainsi que dans chaque
monographie de ce Guide consacrée à un vaccin. Le médecin doit
remplir pour cela une fiche de pharmacovigilance. Les professionnels
concernés sont tenus non seulement de déclarer les effets graves,
mais aussi les effets inattendus et, comme le précisent les
fiches de pharmacovigilance, de déclarer « toute observation
deffet indésirable lié à un mésusage, tout autre effet
quil juge pertinent de déclarer ». Les professionnels
ayant négligé ou refusé de déclarer les effets indésirables
dun médicament ou dun vaccin pourraient donc se
voir poursuivis en justice par les patients ou par le ministère
de la Santé, et traduits devant leur Ordre...