musicothérapie
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La musique à l’hôpital
A la recherche de l’harmonie perdue
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Musicothérapie



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Aurelia Sickert-Delin


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Musicienne de formation (violoncelle, piano, composition, musique électroacoustique et expérimentale), diplômée en composition musicale (magister artium) au Conservatoire Supérieur « Mozarteum » de Salzburg/Autriche. Ses recherches sur les effets de la musique et du son sur  l’être vivant l’ont conduite naturellement vers la musicothérapie (diplômée au  CIM, Centre Internationale de Musicothérapie, Paris) ainsi que vers la Sophrologie (diplômée à l’ESL, Vanves) pour étudier les états de conscience chez l’humain.


Elle a d’une part travaillé en tant que musicothérapeute avec des personnes autistes et psychotiques (enfants, adolescents, adultes) et d’autre part dans le domaine « musique et handicap » avec des personnes aux handicaps divers pour leur permettre d’accéder à la musique quelles que soient leurs difficultés.
Aujourd’hui elle est très impliquée dans un travail préventif pour accompagner et préparer les futures mères et pères à l’aventure la plus extraordinaire : la création d’un nouvel être.
Spécialiste de la créativité comme  moteur indispensable dans le processus de la guérison, elle continue ses recherches sur la thérapie par le son et la musique avec un intérêt particulier pour la musicothérapie énergétique et la « musico médecine ».

ds.aurelia@gmail.com

03 90 00 31 15 


 

 

Une vieille histoire
L’utilisation des sons et de la musique à des fins thérapeutiques remonte à l’aube de l’humanité.
Le poète Novalis fut convaincu que toute maladie n’est qu’un problème musical.
Qu’est-ce que la musique alors ? Le Robert la définit ainsi : la musique, en étant l’art inspiré des « muses », combine les sons et organise une durée avec les éléments sonores d’après des règles variables selon les lieux et les époques. Il s’agit d’une organisation dynamique des sons et donc des vibrations dans l’espace et dans le temps.

Toute vie est vibration et tout est en interaction.

Inévitablement les vibrations ou fréquences ont un impact sur notre organisme qui est un récepteur sensible.
Il y a toutes sortes de fréquences dont vous vous servez quotidiennement : télévision, radio, portable, four micro-onde etc... Mettons en lumière maintenant uniquement une minuscule partie de l’échelle des fréquences existantes, les fréquences sonores audibles par l’oreille humaine se trouvant entre16 à 20 000 Hz (1 Hertz = 1 onde par seconde).
Le son en lui-même est déjà une composition d’un son fondamental avec des harmoniques  se superposant selon des lois naturelles précises. Selon les instruments, certaines  harmoniques sont plus fortes que d’autres, ce qui donne le timbre ou la couleur du son. Un son produit d’une manière acoustique ou naturelle et non pas synthétique, est un vrai chef-d’œuvre en lui-même obéissant à des lois d’harmonie de la nature -  d’où le fait que l’homme peut retrouver son harmonie perdue grâce au son et grâce à certaines compositions musicales. Toute manifestation sonore qui n’est pas construite d’après ces lois naturelles donne des sons disharmonieux ou distordus ou bien du bruit (manifestation chaotique des ondes).

Divers scientifiques ont rendu visibles le son. Déjà en 1809  à Paris, Ernst Chladni parle dans son « traité d’acoustique » des différentes formes obtenues en mettant en vibration, en frottant avec un archet, des plaques vibrantes portant du sable fin. Le Dr Hans Jenny pousse plus loin le travail de Chladni (« Cymatics », Basel 1974) en rejoignant la théorie quantique prouvant que la matière n’est qu’une concentration dans un champ énergétique continu où le son voyage en modifiant ce champ. Plus récemment le chercheur japonais, docteur en médecine alternative, Masaru Emoto (« Messages de l’eau » 2001) a étudié la plasticité de l’eau en soumettant des échantillons d’eau à des influences diverses : musiques structurées ou déstructurées, sentiments d’amour ou de haine, pensées de mort ou de vie, prières, …. Ces eaux ont été gelées puis leurs cristaux, entre – 5° et 0° ont été photographiés sous microscope électronique. Les clichés obtenus sont époustouflants.
Les cristaux reflètent la splendeur ou l’horreur dont ces eaux ont été imprégnées !
Le corps humain est composé de plus de 70% d’eau …
Ce phénomène expliquerait-il l’efficacité du travail sur soi, l’influence de la musique et aussi de notre pensée sur nos cellules, sur notre propre matière?

Une musique composée d’une manière harmonieuse ou bien chaotique et « contre-humaine » peut être utilisée pour renforcer les forces vitales  de la personne ou bien les détruire.

La musique est tout sauf anodine et il est temps de rendre consciente l’influence du sonore sur notre santé - dans le positif comme dans le négatif.

La musique à l’hôpital – les intervenants et les thérapeutes

L’hôpital est rempli de sons et surtout de bruits inquiétants – c’est la « musique » des machines qui surveille l’homme … pour sa survie. Et d’un seul coup une petite chanson, un air qui rappelle des souvenirs … qui relie à la vie … d’avant et qui donne « en-vie » pour après … la venue d’un ou deux musiciens intervenants qui apporte ce dont tout humain a besoin pour aller de l’avant : un lien, un regard, un sourire, et ce qui élève l’esprit vers le meilleur : une petite mélodie qui  soulage et transforme.
C’est donc cela la musicothérapie ? Pas tout à fait même s’il peut y avoir des effets thérapeutiques. Mais qu’est-ce que la musicothérapie alors ?

Comme toute thérapie, la musicothérapie s’inscrit dans un projet dans le temps avec des objectifs précis.

La plupart du temps c’est le patient qui demande une prise en charge thérapeutique.
En France la musicothérapie existe depuis les années 60.
Elle a trouvé ses points d’application surtout dans le domaine de la psychiatrie, la psychogériatrie, la néo-natalité et le monde de la petite enfance, le monde du handicap (social, physique, mental) et les soins palliatifs.
Les « techniques psychomusicales » sont utilisées pour trouver un moyen de communication pour tous ceux qui n’ont pas  ou n’ont plus de paroles.

La musicothérapie faisant partie des thérapies à médiation permet au patient grâce à ce troisième élément ludique, qu’est en l’occurrence la musique, de travailler sur lui-même « l’air de rien » d’une manière constructive.

La musicothérapie opère par trois techniques :
la musicothérapie active :
Le patient se met au jeu avec des instruments faciles d’accès. En découvrant les instruments et leurs possibilités d’expression, il part à sa propre découverte en activant l’aventurier en lui … celui qui va de l’avant vers l’inconnu …tout en travaillant sur ses peurs et ses limites grâce à son potentiel créatif.

La musicothérapie réceptive :
C’est la rencontre des œuvres musicales bien choisies par le thérapeute selon leurs vertus et les objectifs thérapeutiques. C’est un travail sur l’écoute et sur l’affectivité de la personne. Tout en parlant de ce qu’elle a reçue de la musique, la personne parle d’elle-même et de son histoire « l’air de rien ».

La musicothérapie énergétique,
Encore peu utilisée en France, elle utilise les fréquences spécifiques pour harmoniser des déséquilibres fonctionnels ou bien pour stimuler l’énergie vitale. Dans ce cas, le patient reçoit un soin et n’a qu’à profiter au maximum de cette forme de prise en charge. Ce type de musicothérapie ne « s’improvise » pas. Il demande des connaissances précises dans le domaine. Une des branches de la musicothérapie énergétique est basée sur la médecine chinoise, mais il en existe aussi d’autres approches fondées sur des recherches scientifiques.

Voici quelques précurseurs français : Tout a commencé  … personne peut le dire avec exactitude. Des écrits ont été retrouvés de différentes périodes, mais la musicothérapie s’est précisée en tant que technique au moment de la création de la psychiatrie.
« C’est en effet, Philippe Pinel lui-même, qui, dès sa thèse de 1801 propose d’utiliser des activités artistiques dont précisément la musique, pour aider les patients à se réinscrire dans leur histoire propre et à développer des capacités relationnelles de socialisation. Après l’époque de Pinel , la résurgence de la musicothérapie à la fin des années1960 a été le fait d’une première équipe composée de J. Jost, J. et M.A. Guilhot, M. Estellet-Brun, M. Gabai et E. Lecourt. C’était une équipe pluridisciplinaire qui associait divers compétences : ingénieur, psychiatre, psychologue, musicien et dentiste. A l’origine l’approche que l’on peut qualifier de phénoméno-comportementale était centrée sur la musicothérapie réceptive, par la suite s’est ajoutée une approche psychoanalytique qui donnera plus de place à la musicothérapie active. » ( Edith Lecourt, Professeur de Psychologie clinique, Co-fondatrice de l’Association française de Musicothérapie).

C’est ainsi que la musicothérapie en France a pris le versant psychothérapeutique.

D’autres approches apparaissent :
Les travaux du Dr Alfred Tomatis (ORL) (« Pourquoi Mozart » 1991), inventeur de « l’oreille électronique » et d’une méthode pédagogique appliquée à la rééducation auditive et vocale, traite ainsi divers troubles psychiques également. Ces écrits doivent être mentionnés pour les éclaircissements pionniers dans le domaine. La « Méthode Tomatis » reste particulière dans son utilisation du sonore à des fins curatives.

La « psychophonie » créée par la chanteuse Marie –Louise Aucher en collaboration avec des médecins. A partir des recherches scientifiques occidentales, elle découvre le système des méridiens bien connu dans la médecine chinoise depuis des millénaires. Elle dépose ses découvertes à l’Académie des sciences de Paris (le 19/12 /1960 « L’homme sonore »).

Nombreux sont les travaux depuis, surtout dans le domaine de la thérapie vocale, un mariage puissant entre la musicothérapie active et énergétique.
Le son modifie d’une part la conscience et a d’autre part une action restructurante sur les cellules et les glandes endocrines (« La voix qui guérit » par Philippe Barraqué).
La voix agit sur tous les registres de l’être humain : le corps physique et ses cellules, le psychisme et ses affects, le mental, générateur de pensées constructives ou destructrices  – selon notre choix.

Les recherches de Fabien Maman (bio énergéticien du son, compositeur, musicien, acupuncteur) qu’il a faites en  collaboration avec des chercheurs du CNRS sur les influences de sons sur les cellules en particulier les cellules HELA (cancer de l’utérus). Chaque son (fréquence) influence différemment la cellule, sa structure et son niveau vibratoire. Certains sons aident à renforcer les cellules saines et faire « exploser », donc détruire les cellules malades (1988, 2e Symposium Intern. sur l’Education Prénatale).

 

Cette forme de musicothérapie est à retenir dans le futur,
car elle est d’une rentabilité sans concurrence – nul besoin d’instruments encombrants et chers, le patient  a à tout moment -  partout  - tout en lui : sa voix !
Et s’il n’y a plus de voix, le musicothérapeute peut lui prêter la sienne.
Il lui faut juste la guidance d’un thérapeute bien formé et expérimenté dans le domaine.

 

La musicothérapie à l’hôpital peut également être pertinente en traumatologie, au chevet des comateux pour les relier avec leur histoire, les rencontrer dans leur « ailleurs perdu », pour leur permettre le retour dans ce monde … ou s’ils préfèrent, les accompagner pour les « adieux ».
Les services de soins palliatifs font dans certains structures déjà appel aux musicothéapeutes pour aider au lâcher-prise, soulager les douleurs, permettre d’exprimer des choses alourdissantes freinant le « décollage », enveloppant en sécurisant la personne et donnant du courage pour son « grand départ » et pour finir ainsi sa vie d’ici « en beauté ».

De l’autre côté de la vie, la périnatalogie, l’individu dans sa période prénatale,  est une nouvelle science qui livre des connaissances primordiales sur la construction de l’individu et l’importance de cette période cruciale, dans laquelle l’être humain construit toutes les premières bases de sa santé, de son affectivité, de ses capacités relationnelles, de ses facultés cognitives (de son intelligence) voire de sa créativité.
« L’avenir se joue avant la naissance » comme le démontre par ses travaux et son expérience le Dr. Claude Imbert.
La musicothérapie est un moyen par excellence de faire le point sur son passé –individuel et généalogique – pour devenir parent, tout en faisant du bien à l’enfant en devenir. Suite à la péridurale les salles d’accouchements ont presque oublié des accouchements « sans douleurs » grâce à des techniques de détente et de travail mental efficaces. Accompagner la naissance par une musique adaptée, portante et accueillir ce nouvel être avec une musique en toute beauté … ce n’est pas juste un beau rêve, c’est une proposition musicothérapeutique comme prévention contre la violence car c’est le premier contact avec le monde extérieur de ce petit être venu d’ailleurs – un accueil à ne pas rater!
Nathalie Château –Artaud-Graziani, musicothérapeute en cabinet à Strasbourg, spécialisée à la thérapie périnatale, confirme par son expérience en cabinet et à l’hôpital (Haute-Pierre et CMCO) l’efficacité de cette forme d’accompagnement et préparation  pour les femmes enceintes, voire les femmes hospitalisées pour menaces d’accouchement prématuré, où la prise en charge psychothérapeutique est aussi vitale que la prise en charge physique. Elle est par ailleurs  une des rares pratiquantes de la musicothérapie énergétique, formées par le pionnier français internationalement reconnu Fabien Maman.

Les musico thérapeutes et les « musico médecins »

La musique qui guérit – elle existe bien !

Depuis une vingtaine d’année des médecins d’outre Rhin se sont penchés sur la question  et ont entrepris des recherches scientifiques. Le terme »Musikmedizin » ou « music medicine » pour les pays anglophones, que j’ose traduire en français par la « musico médecine » était née, suivie par la création de la » International Society of Musicmedicine » (ISMM) (« Fédération International de la musique dans la médecin ») à Lüdenscheid en Allemagne.
L’influence de la musique – oeuvre par œuvre mise sous microscope – sur la respiration, le rythme cardiaque, la circulation, le métabolisme, les contractions musculaires, la digestion, le stress et la douleur – a été testée sur un large nombre de patients.
L’utilisation de certaines musiques bien choisies entraîne des réductions considérables de médicaments (surtout en anti-douleur, calmants et somnifères), des anesthésies plus légères, et des rétablissements post-opératoires beaucoup plus rapides avec moins d’incidents gênants. Des résultats très intéressants pour les problématiques cardio-vasculaires, respiratoires, sans oublier l’analgésie.

Voici une autre piste dans la domaine : les recherches du physicien français Joël Sternheimer ( en 1992, dépôt de son brevet « Procédé de régulation épi génétique de la biosynthèse des protéines par résonance d’échelle »). Il a élaboré des lois de « résonances harmoniques » qui prouvent scientifiquement que la musique peut influencer le développement des êtres vivants. Il traduit les fréquences émises par les protéines au moment de leur construction dans le corps, ce qui lui donne des mélodies de protéines de structures qui sont à employer comme des médicaments contre de multiples dérèglements hormonaux, métaboliques, cellulaires. Bien évidemment l’utilisation de ces « mélodies actives », qui pour l’instant sont encore un peu futuristes, ne peut en aucun cas être mise à disposition de personnes hors cadre médical !

La musique de demain

Le medicus comme musicus. Au Moyen Age, tous les médecins étudiaient également la musique … et aujourd’hui Mesdames et Messieurs  les médecins, n’êtes vous pas souvent des musiciens doués et passionnés ? Peut-on espérer que des ponts puissent se rétablir entre ses deux grands arts qui s’occupent d’apporter l’harmonie à l’être humain ?
Sommes-nous prêts en ce 21ème siècle à humaniser l’hôpital en « jouant » tous ensemble chacun selon ses compétences « sa partie de la partition » pour célébrer une œuvre commune : les musiciens intervenants, les musicothérapeutes, les médecins et tous les autres corps de métier en encourageant la personne hospitalisée à devenir actrice de son processus de guérison.
Certes un défi loin d’être évident dans nos temps où tout budget de santé publique est réduit à l’essentiel … mais  qu’est-ce qui est essentiel ???
La pure survie ou la découverte de la VIE ?
Nous avons besoin de repenser la santé et ses « prises en charge ». Une chose est sûre : le patient doit être au centre de cette réflexion. Nous devons apprendre tous ensemble à devenir acteur de notre santé et faire notre maximum pour entretenir notre « capital » santé. Et, si nécessaire, voir un médecin ou un thérapeute quand un déséquilibre s’annonce pour éviter l’évitable. C’est le patient qui doit « s’investir » dans sa santé … et nous dans la prévention.

Et si toute maladie n’était qu’un problème musical. … des dissonances que l’on puisse résoudre dans l’harmonie ou encore à l’unisson  … au début était le son …

 

 

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