Comment le stress post-traumatique a fini par être reconnu ?
Les drames, les guerres, les catastrophes, les violences et les deuils brutaux accompagnent l’humanité depuis toujours. Et depuis toujours, hélas, ils laissent des traces dans les esprits. Pourtant, il a fallu attendre longtemps pour que la médecine nomme enfin ces traces et les reconnaisse comme une maladie à part entière.
C’est au XIXe siècle que la notion de traumatisme psychique apparaît dans les discours scientifiques et médicaux. Et elle apparaît par analogie avec le corps : le traumatisme psychique est pensé comme une «blessure» susceptible de laisser des séquelles durables. L’image est restée, et elle est juste. Une blessure, ça se voit ou ça ne se voit pas, ça cicatrise bien ou mal, et parfois ça se rouvre.
C’est au XIXe siècle que la notion de traumatisme psychique apparaît dans les discours scientifiques et médicaux. Et elle apparaît par analogie avec le corps : le traumatisme psychique est pensé comme une «blessure» susceptible de laisser des séquelles durables. L’image est restée, et elle est juste. Une blessure, ça se voit ou ça ne se voit pas, ça cicatrise bien ou mal, et parfois ça se rouvre.
Deux dates qui ont vraiment tout changé.
Il faut ensuite attendre le XXe siècle pour que ces séquelles deviennent un trouble de santé enfin reconnu. On retient deux étapes. En 1980, l’Association américaine de psychiatrie introduit l’état de stress post-traumatique dans la troisième version de son manuel diagnostique, le DSM-III. En 1992, l’Organisation mondiale de la santé intègre à son tour ce diagnostic dans la dixième révision de sa Classification internationale des maladies, la CIM-10.
Et en France ?
Chez nous, la reconnaissance a pris la forme de dispositifs concrets, et elle a suivi, malheureusement, deux vagues d’attentats meurtriers. Après les attentats djihadistes islamistes de 1995 ( double assassinat rue Myrha à Paris, RER Saint-Michel à Paris, avenue de Friedland à Paris, tentative d’attentat contre le TGV Lyon-Paris, marché Richard-Lenoir à Paris, place Charles-Vallin à Paris, école juive de Villeurbanne, métro Maison-Blanche à Paris, RER C à la station Musée-d’Orsay à Paris.) sont créées en 1997 les Cellules d’urgence médico-psychologique, les CUMP.
Après ceux de 2015 naissent en 2019 le Centre national de ressources et de résilience et dix centres de prise en charge globale du psychotraumatisme.
On peut encore regretter qu’il faille des drames collectifs pour faire bouger les choses. On peut aussi constater que ces dispositifs existent, qu’ils fonctionnent, et qu’ils ont rendu visible une souffrance qui ne l’était pas.
Après ceux de 2015 naissent en 2019 le Centre national de ressources et de résilience et dix centres de prise en charge globale du psychotraumatisme.
On peut encore regretter qu’il faille des drames collectifs pour faire bouger les choses. On peut aussi constater que ces dispositifs existent, qu’ils fonctionnent, et qu’ils ont rendu visible une souffrance qui ne l’était pas.
Où en est-on aujourd’hui ?
Le TSPT (trouble de stress post-traumatique, qu’on appelait autrefois ESPT, ou PTSD en anglais) est aujourd’hui reconnu comme un trouble psychiatrique, rangé parmi les troubles liés à des traumatismes ou à des facteurs de stress. Il survient après l’exposition à un ou plusieurs événements traumatiques.
Mais, et c’est là que ça devient intéressant pour nous cliniciens travaillant sur le psychotrauma, cette exposition est nécessaire sans être suffisante. Elle ne suffit pas à elle seule à expliquer son développement. Deux personnes peuvent vivre le même accident. L’une peut s’en remettre en quelques semaines, l’autre peut encore faire des cauchemars bien des années plus tard.
Pourquoi ? C’est toute la question des trajectoires, qu’on va aborder juste après dans l'article suivant...
Mais, et c’est là que ça devient intéressant pour nous cliniciens travaillant sur le psychotrauma, cette exposition est nécessaire sans être suffisante. Elle ne suffit pas à elle seule à expliquer son développement. Deux personnes peuvent vivre le même accident. L’une peut s’en remettre en quelques semaines, l’autre peut encore faire des cauchemars bien des années plus tard.
Pourquoi ? C’est toute la question des trajectoires, qu’on va aborder juste après dans l'article suivant...
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TSPT, ESPT, PTSD : trois noms pour un même trouble.
TSPT, trouble de stress post-traumatique. C’est le nom utilisé en français depuis la cinquième version du manuel diagnostique américain (DSM-5). Le mot anglais disorder y est traduit par « trouble ».
ESPT, état de stress post-traumatique. C’est l’ancienne traduction française, celle des DSM-III et DSM-IV. On l’entend encore souvent en France, par habitude.
PTSD, Post-Traumatic Stress Disorder. C’est le nom anglais, celui des publications scientifiques internationales.
Ces trois sigles désignent le même trouble.
CIM, Classification internationale des maladies, appelée ICD en anglais. C’est la classification de l’Organisation mondiale de la santé, l’autre grande référence pour poser un diagnostic, à côté du DSM américain. Sa onzième version, la CIM-11, est en vigueur depuis 2022. Elle est la seule à reconnaître le TSPT complexe.
ESPT, état de stress post-traumatique. C’est l’ancienne traduction française, celle des DSM-III et DSM-IV. On l’entend encore souvent en France, par habitude.
PTSD, Post-Traumatic Stress Disorder. C’est le nom anglais, celui des publications scientifiques internationales.
Ces trois sigles désignent le même trouble.
CIM, Classification internationale des maladies, appelée ICD en anglais. C’est la classification de l’Organisation mondiale de la santé, l’autre grande référence pour poser un diagnostic, à côté du DSM américain. Sa onzième version, la CIM-11, est en vigueur depuis 2022. Elle est la seule à reconnaître le TSPT complexe.