LIBÉRER LES SUJETS DU POUVOIR DU MONDE TRAUMATIQUE.
Endométriose. Ce mal long-temps tu ou sous-estimé, et pourtant présent chez une femme sur dix en France, source de dépressions, souf- frances et errance médicale, s’impose aujourd’hui comme sujet d’actualité. En février 2022 a été lancée la stratégie nationale de lutte contre l’endométriose en présence de six ministres, dont celui de la Santé. Cette lutte passe en particulier par le renforcement de la formation professionnelle, le travail de recherche et d’innovation. Cet article s’inscrit dans cet axe. A partir de la question « qui parle ? », l’auteur explique comment la TLMR peut être le bon chemin thérapeutique pour transformer le monde traumatique de Marie en une nouvelle ouverture vers la vie.
Cet article explore la question fondamentale « qui parle ? » dans la prise en charge des situations cliniques dites « difficiles » en psychothérapie. A travers le prisme de la TLMR (Thérapie du lien et des mondes relationnels), nous proposons un déplacement épistémologique : ce ne sont pas les patients qui sont difficiles, mais les mondes traumatiques dans lesquels ils sont pris. En articulant trois temps thérapeutiques – la rencontre, la transe et le dévoilement –, nous montrons comment la transformation symptomatique émerge non pas du traitement d’un individu isolé, mais de la reconfiguration du champ relationnel dans lequel la souffrance prend sens. La situation de Marie, souffrant d’endométriose, illustre ce cheminement thérapeutique.
REPENSER LES « CAS DIFFICILES ».
Dans le langage clinique, l’expression « cas difficile » revient avec une régularité troublante. Elle désigne ces situations où les protocoles conventionnels semblent échouer, où la chronicité s’installe malgré les soins prodigués, où le patient lui-même peine à nommer ce qui fait souffrir. Pourtant cette catégorisation mérite d’être interrogée : qu’est-ce qui rend un cas « difficile » ? Est-ce le patient, le symptôme, ou notre propre difficulté à penser autrement la situation clinique ?
La TLMR propose un déplacement radical de cette question. Elle invite à considérer que ce ne sont pas les patients qui sont difficiles, mais les mondes traumatiques dans lesquels ils sont pris. Cette proposition n’est pas qu’un changement sémantique : elle ouvre un es- pace thérapeutique nouveau où la souffrance n’est plus attribuée à un individu isolé, mais comprise comme l’expression d’une position existentielle figée dans un réseau relationnel.
Cet article se structure autour d’une question centrale : « qui parle ? ». Cette interrogation, apparemment simple, se déploie en trois dimensions qui constituent autant de niveaux d’analyse et d’intervention thérapeutique. Nous suivrons le fil d’une vignette clinique pour illustrer comment cette question guide le processus thérapeutique à travers trois temps : la rencontre, la transe et le dévoilement.
LA QUESTION FONDAMENTALE:« QUI PARLE ? »
Une question à trois dimensions.
La question « qui parle ? » n’est pas une simple demande d’identification. Elle constitue un outil d’investigation clinique qui se déploie sur trois niveaux :
1. Qui parle quand le patient arrive en consultation ?
Lorsqu’une personne franchit la porte du cabinet, parle-t-elle en son nom propre ou porte-t-elle l’intention d’un tiers ? Cette distinction entre intention autonome et intention hétéronome n’est pas anodine : elle détermine la possibilité même d’un engage- ment thérapeutique authentique. Le patient qui vient « parce que son médecin l’envoie » ou « parce que son conjoint le lui demande » n’occupe pas la même position existentielle que celui qui formule une demande propre.
2. Qui parle dans le symptôme ?
Le symptôme n’est jamais une production purement individuelle. Il s’inscrit dans un monde relationnel qui lui donne sens et fonction. La douleur chronique, l’anxiété paralysante, les troubles du sommeil : tous ces symptômes portent en eux la trace des relations qui ont façonné l’existence du sujet. Poser la question « qui parle dans le symptôme ? » revient à interroger : quel monde re- lationnel s’exprime à travers cette souffrance ?
3. Qui parle dans l’espace thérapeutique ?
La consultation n’est jamais un face-à-face isolé entre un thérapeute et un patient. Elle convoque une multitude de voix, présentes et absentes. Les figures d’attachement, les injonctions familiales, les traumas non dits, les loyautés invisibles : toutes ces voix habitent l’espace thérapeutique et déterminent ce qui peut ou non être dit, pensé, transformé.
Vignette clinique : le fil conducteur
Pour illustrer concrètement cette approche, suivons le parcours d’une patiente que nous nommerons Marie. Elle arrive au cabinet avec des douleurs chroniques résistantes liées à une endométriose. Elle a été envoyée par son médecin traitant après l’échec de multiples traitements médicaux. Le médecin formule sa prescription comme un « dernier recours », témoignant ainsi de son propre sentiment d’impuissance face à cette situation.
Dès la première rencontre, la question centrale s’impose : qui parle quand Marie franchit la porte du cabinet ? Vient-elle pour elle-même, ou porte-t-elle l’intention de son médecin de « faire quelque chose » avec cette douleur qui échappe à la médecine ?
PREMIER DÉFI : DE L’INTENTION DU TIERS A L’INTENTION PROPRE. La transformation de l’engagement.
Le premier travail thérapeutique consiste à opérer une transformation cruciale : passer d’une intention hétéronome (« mon médecin m’envoie ») à une intention autonome (« je viens pour moi »). Cette transformation n’est pas qu’une formalité préliminaire : sans elle, l’engagement thérapeutique reste fragile, sus- pendu à la volonté d’un autre.
Cette transition implique de reconnaître et de légitimer le parcours qui a mené la personne jusqu’à la consultation. Il ne s’agit pas de nier l’importance de la prescription médicale, mais de créer les conditions pour que le patient puisse s’approprier cette démarche et la transformer en projet personnel. Dans
le cas de Marie, ce passage s’effectue en plusieurs étapes. D’abord, en accueillant sa façon d’arriver (« votre médecin vous a prescrit de me rencontrer ») sans la disqualifier. Ensuite, en l’invitant à observer ce qui, dans cette prescription, a résonné en elle au point de franchir effectivement la porte du cabinet. Enfin, en créant un espace où elle peut formuler, avec ses propres mots, ce qu’elle attend de cette rencontre.
L’enjeu de la position existentielle.
Ce travail préliminaire touche à quelque chose de fondamental : la position existentielle du sujet face à sa propre vie. Tant que la personne reste dans une position où sa démarche thérapeutique est déterminée par l’intention d’un autre, elle demeure dans une forme d’extériorité vis-à-vis d’elle-même. La souffrance reste « quelque chose qui arrive » plutôt que « quelque chose qui me traverse et m’appelle à prendre position ».
I. LA RENCONTRE : CRÉER L’ESPACE OÙ « QUI PARLE ? » PEUT ÉMERGER
La triangulation initiale : externaliser pour créer de la distance.
Le premier temps thérapeutique consiste à créer ce que nous nommons une « triangulation initiale ». Ce concept emprunte à la thérapie familiale systémique tout en s’en distinguant. Il ne s’agit pas seulement de faire intervenir un tiers dans la relation thérapeutique, mais de créer une structure relationnelle qui permette au patient de ne plus être fusionné avec sa souffrance.
La triangulation s’organise autour de trois pôles : le patient, sa vie (ce qu’il voudrait vivre, ses aspirations, ses liens), et la souffrance (le symptôme, le trauma, l’empêchement). En établissant cette configuration, nous permettons au patient d’observer sa souffrance plutôt que d’être envahi par elle. Cette distance est thérapeutique en soi : elle crée un espace de réflexion là où il n’y avait que submersion.
Dans le travail avec Marie, cette triangulation prend une forme spécifique qui intègre le système médical. Plutôt que de positionner la médecine comme ayant « échoué », nous l’incluons dans la triangulation : Patient Symptôme Système médical. La question posée devient alors : « Comment la douleur s’y prend-elle pour mettre dans l’impuissance les médecins qui s’occupent si bien de vous ? »
Cette formulation opère plusieurs transformations simultanées :
• Elle externalise la douleur (la douleur devient un agent qui « fait » quelque chose). • Elle reconnaît la compétence et l’engage- ment des soignants.
• Elle invite le patient à adopter une position d’observateur.
• Elle ouvre l’espace pour une réflexion sur la fonction du symptôme.
La convocation sur la scène imaginaire : faire venir les absents présents
La triangulation ne reste pas une structure abstraite. Elle s’incarne dans ce que nous nommons la « convocation sur la scène imaginaire » en vision dans le présent. Il s’agit d’inviter littéralement, dans l’espace thérapeutique, les figures absentes qui habitent pourtant la consultation. Avec Marie, cette convocation prend la forme suivante : « J’aimerais que nous fassions venir en imagination votre médecin avec nous, ici, maintenant. » Cette proposition peut surprendre, mais elle remplit plusieurs fonctions essentielles :
1. Incarner la triangulation : le médecin n’est plus seulement évoqué, il devient une présence imaginaire qui structure l’espace thérapeutique.
2. Légitimer la continuité du parcours : en faisant venir le médecin, nous signifions que le travail thérapeutique s’inscrit dans la continuité des soins, non en rupture avec eux.
3. Transformer l’impuissance en transmission : le médecin qui « ne peut plus rien » devient celui qui « passe le relais », mainte- nant ainsi sa fonction soignante.
La question clé qui accompagne cette convocation est : « Qu’avez-vous observé chez votre médecin qui vous a amenée à faire confiance dans sa prescription ? » Cette interrogation déplace l’attention : ce n’est plus l’échec médical qui est au centre, mais la qualité du lien soignant qui a permis la transmission. Cette phase de la rencontre établit les fondations relationnelles sur lesquelles va pouvoir s’édifier le travail thérapeutique. Elle crée un espace/temps sécure, légitimé par la continuité des soins, où le patient peut commencer à explorer autrement sa relation à sa souffrance.
II. LA TRANSE : DE LA TRANSE TRAUMATIQUE À LA TRANSE THÉRAPEUTIQUE
Deux états, deux logiques.
La notion de transe occupe une place centrale dans notre approche, mais elle doit être comprise dans son articulation avec les mondes relationnels traumatiques. Nous distinguons deux formes de transe qui correspondent à deux logiques existentielles radicalement différentes.
La transe traumatique se caractérise par :
• Un figement : le temps est arrêté, la personne est coincée dans un moment qui ne passe pas.
• Une fragmentation : le sujet est dissocié de parties de lui-même, de son histoire, de ses ressources.
• Une dislocation temporelle : le passé envahit le présent, l’avenir semble impossible.
• Un affaiblissement de l’élan vital : l’énergie de vie ne circule plus librement.
• Un isolement : la personne est coupée des autres, enfermée dans un monde autarcique. La transe thérapeutique s’inscrit dans une dynamique inverse :
• Une vibration : quelque chose se met en mouvement, le vivant reprend ses droits.
• Une unification : les différentes parts du sujet peuvent entrer en dialogue.
• Une fluidité temporelle : le passé peut être revisité, le présent habité, l’avenir envisagé.
• Une circulation de la vie : l’énergie vitale retrouve sa mobilité.
• Une connexion : les liens avec soi-même et avec les autres se rétablissent.
Cette distinction n’est pas qu’une typologie descriptive. Elle oriente fondamentalement l’intervention thérapeutique : il ne s’agit pas de « sortir » le patient de la transe (ce qui serait impossible puisqu’il y est déjà), mais d’accompagner la transformation d’une transe traumatique en transe thérapeutique.
La transe relationnelle : un état partagé, jamais individuel.
L’un des apports majeurs de la TLMR est de repenser la transe comme phénomène fondamentalement relationnel. Contrairement à une conception classique qui verrait la transe comme un état induit par le thérapeute chez le patient, nous proposons que la transe émerge dans l’espace-temps relationnel créé par la rencontre thérapeutique.
Cette proposition implique plusieurs conséquences importantes :
1. La transe n’est pas induite de l’extérieur : elle émerge de la rencontre, de la synchronisation progressive des rythmes entre thérapeute et patient.
2. Le thérapeute participe à la transe : il n’est pas un observateur extérieur manipulant un sujet, mais un co-créateur de l’état modifié de conscience qui permet le travail thérapeutique.
3. La transe contourne les défenses conscientes : elle permet d’accéder à des niveaux d’expérience et de sens qui ne sont pas accessibles par le discours rationnel ordinaire.
4. La transe permet la synchronisation des rythmes : respiratoires, posturaux, toniques, émotionnels. Cette synchronisation crée les conditions d’une résonance qui facilite la transformation.
Comme nous aimons à le formuler : « Ce n’est pas le thérapeute qui met en transe, c’est le lien qui génère la transe partagée. » Cette formule n’est pas qu’un slogan : elle décrit une réalité clinique que tout praticien peut observer dans sa pratique.
Le geste thérapeutique : invocation corporelle de la mémoire
Dans l’espace de la transe relationnelle, le geste prend une importance particulière. Il ne s’agit pas d’une technique hypnotique codifiée, mais d’une présence incarnée qui accompagne l’émergence du matériel traumatique.
Avec Marie, ce geste prend la forme suivante :
« Je vous demande de porter votre attention sur le pouvoir de cette douleur sur votre ventre... »
Simultanément, ma main gauche s’avance lentement vers son ventre, sans jamais le toucher, maintenant une distance d’une vingtaine de centimètres. Ce geste crée une focalisation attentionnelle et une présence incarnée qui ne soit pas intrusive. Puis vient l’invitation : « ... et nous observons le premier souvenir qui vient se mettre là, maintenant... » Ce « nous observons » est crucial : il signifie que le thérapeute accompagne le patient dans cette exploration, qu’il ne l’envoie pas seul dans ses mémoires traumatiques. Le geste de la main crée comme un pont entre le présent de la consultation et le passé qui va émerger dans ce présent. Il incarne la présence du thérapeute au moment même où le patient va re- visiter des zones douloureuses de son histoire.
Le principe est celui d’une réceptivité plutôt que d’une volonté. Il ne s’agit pas de « faire venir » un souvenir par un effort conscient, mais de créer les conditions pour que ce qui doit émerger puisse le faire. Cette posture de non-attente active est au cœur de notre approche thérapeutique.
III. LE DÉVOILEMENT : NON PAS DES FAITS, MAIS DES EFFETS La distinction fondamentale : faits versus effets.
Le troisième temps thérapeutique est celui du dévoilement. Mais qu’est-ce qui se dévoile exactement ? Cette question est cruciale car elle détermine la nature même du travail thérapeutique et les résistances qu’il peut rencontrer. Nous proposons une distinction fondamentale entre deux formes de dévoilement :
Le dévoilement des faits concerne :
• Les événements passés (ce qui s’est passé). • Le récit historique (comment les choses se sont déroulées).
• Une dimension qui peut rester confinée dans le passé.
• Un matériel qui, bien que douloureux, est paradoxalement moins menaçant.
Le dévoilement des effets concerne :
• L’impact présent de ces événements (ce qu’ils font maintenant).
• Le monde relationnel actuel tel qu’il a été façonné par l’histoire.
• Une dimension qui appelle un repositionnement existentiel.
• Un matériel véritablement menaçant car il engage le présent et l’avenir.
Cette distinction permet de comprendre...
Pour lire la suite de la Revue Hypnose et Thérapies Brèves 80: Fev. / Mars / Avril. 2026.
Endométriose. Ce mal long-temps tu ou sous-estimé, et pourtant présent chez une femme sur dix en France, source de dépressions, souf- frances et errance médicale, s’impose aujourd’hui comme sujet d’actualité. En février 2022 a été lancée la stratégie nationale de lutte contre l’endométriose en présence de six ministres, dont celui de la Santé. Cette lutte passe en particulier par le renforcement de la formation professionnelle, le travail de recherche et d’innovation. Cet article s’inscrit dans cet axe. A partir de la question « qui parle ? », l’auteur explique comment la TLMR peut être le bon chemin thérapeutique pour transformer le monde traumatique de Marie en une nouvelle ouverture vers la vie.
Cet article explore la question fondamentale « qui parle ? » dans la prise en charge des situations cliniques dites « difficiles » en psychothérapie. A travers le prisme de la TLMR (Thérapie du lien et des mondes relationnels), nous proposons un déplacement épistémologique : ce ne sont pas les patients qui sont difficiles, mais les mondes traumatiques dans lesquels ils sont pris. En articulant trois temps thérapeutiques – la rencontre, la transe et le dévoilement –, nous montrons comment la transformation symptomatique émerge non pas du traitement d’un individu isolé, mais de la reconfiguration du champ relationnel dans lequel la souffrance prend sens. La situation de Marie, souffrant d’endométriose, illustre ce cheminement thérapeutique.
REPENSER LES « CAS DIFFICILES ».
Dans le langage clinique, l’expression « cas difficile » revient avec une régularité troublante. Elle désigne ces situations où les protocoles conventionnels semblent échouer, où la chronicité s’installe malgré les soins prodigués, où le patient lui-même peine à nommer ce qui fait souffrir. Pourtant cette catégorisation mérite d’être interrogée : qu’est-ce qui rend un cas « difficile » ? Est-ce le patient, le symptôme, ou notre propre difficulté à penser autrement la situation clinique ?
La TLMR propose un déplacement radical de cette question. Elle invite à considérer que ce ne sont pas les patients qui sont difficiles, mais les mondes traumatiques dans lesquels ils sont pris. Cette proposition n’est pas qu’un changement sémantique : elle ouvre un es- pace thérapeutique nouveau où la souffrance n’est plus attribuée à un individu isolé, mais comprise comme l’expression d’une position existentielle figée dans un réseau relationnel.
Cet article se structure autour d’une question centrale : « qui parle ? ». Cette interrogation, apparemment simple, se déploie en trois dimensions qui constituent autant de niveaux d’analyse et d’intervention thérapeutique. Nous suivrons le fil d’une vignette clinique pour illustrer comment cette question guide le processus thérapeutique à travers trois temps : la rencontre, la transe et le dévoilement.
LA QUESTION FONDAMENTALE:« QUI PARLE ? »
Une question à trois dimensions.
La question « qui parle ? » n’est pas une simple demande d’identification. Elle constitue un outil d’investigation clinique qui se déploie sur trois niveaux :
1. Qui parle quand le patient arrive en consultation ?
Lorsqu’une personne franchit la porte du cabinet, parle-t-elle en son nom propre ou porte-t-elle l’intention d’un tiers ? Cette distinction entre intention autonome et intention hétéronome n’est pas anodine : elle détermine la possibilité même d’un engage- ment thérapeutique authentique. Le patient qui vient « parce que son médecin l’envoie » ou « parce que son conjoint le lui demande » n’occupe pas la même position existentielle que celui qui formule une demande propre.
2. Qui parle dans le symptôme ?
Le symptôme n’est jamais une production purement individuelle. Il s’inscrit dans un monde relationnel qui lui donne sens et fonction. La douleur chronique, l’anxiété paralysante, les troubles du sommeil : tous ces symptômes portent en eux la trace des relations qui ont façonné l’existence du sujet. Poser la question « qui parle dans le symptôme ? » revient à interroger : quel monde re- lationnel s’exprime à travers cette souffrance ?
3. Qui parle dans l’espace thérapeutique ?
La consultation n’est jamais un face-à-face isolé entre un thérapeute et un patient. Elle convoque une multitude de voix, présentes et absentes. Les figures d’attachement, les injonctions familiales, les traumas non dits, les loyautés invisibles : toutes ces voix habitent l’espace thérapeutique et déterminent ce qui peut ou non être dit, pensé, transformé.
Vignette clinique : le fil conducteur
Pour illustrer concrètement cette approche, suivons le parcours d’une patiente que nous nommerons Marie. Elle arrive au cabinet avec des douleurs chroniques résistantes liées à une endométriose. Elle a été envoyée par son médecin traitant après l’échec de multiples traitements médicaux. Le médecin formule sa prescription comme un « dernier recours », témoignant ainsi de son propre sentiment d’impuissance face à cette situation.
Dès la première rencontre, la question centrale s’impose : qui parle quand Marie franchit la porte du cabinet ? Vient-elle pour elle-même, ou porte-t-elle l’intention de son médecin de « faire quelque chose » avec cette douleur qui échappe à la médecine ?
PREMIER DÉFI : DE L’INTENTION DU TIERS A L’INTENTION PROPRE. La transformation de l’engagement.
Le premier travail thérapeutique consiste à opérer une transformation cruciale : passer d’une intention hétéronome (« mon médecin m’envoie ») à une intention autonome (« je viens pour moi »). Cette transformation n’est pas qu’une formalité préliminaire : sans elle, l’engagement thérapeutique reste fragile, sus- pendu à la volonté d’un autre.
Cette transition implique de reconnaître et de légitimer le parcours qui a mené la personne jusqu’à la consultation. Il ne s’agit pas de nier l’importance de la prescription médicale, mais de créer les conditions pour que le patient puisse s’approprier cette démarche et la transformer en projet personnel. Dans
le cas de Marie, ce passage s’effectue en plusieurs étapes. D’abord, en accueillant sa façon d’arriver (« votre médecin vous a prescrit de me rencontrer ») sans la disqualifier. Ensuite, en l’invitant à observer ce qui, dans cette prescription, a résonné en elle au point de franchir effectivement la porte du cabinet. Enfin, en créant un espace où elle peut formuler, avec ses propres mots, ce qu’elle attend de cette rencontre.
L’enjeu de la position existentielle.
Ce travail préliminaire touche à quelque chose de fondamental : la position existentielle du sujet face à sa propre vie. Tant que la personne reste dans une position où sa démarche thérapeutique est déterminée par l’intention d’un autre, elle demeure dans une forme d’extériorité vis-à-vis d’elle-même. La souffrance reste « quelque chose qui arrive » plutôt que « quelque chose qui me traverse et m’appelle à prendre position ».
I. LA RENCONTRE : CRÉER L’ESPACE OÙ « QUI PARLE ? » PEUT ÉMERGER
La triangulation initiale : externaliser pour créer de la distance.
Le premier temps thérapeutique consiste à créer ce que nous nommons une « triangulation initiale ». Ce concept emprunte à la thérapie familiale systémique tout en s’en distinguant. Il ne s’agit pas seulement de faire intervenir un tiers dans la relation thérapeutique, mais de créer une structure relationnelle qui permette au patient de ne plus être fusionné avec sa souffrance.
La triangulation s’organise autour de trois pôles : le patient, sa vie (ce qu’il voudrait vivre, ses aspirations, ses liens), et la souffrance (le symptôme, le trauma, l’empêchement). En établissant cette configuration, nous permettons au patient d’observer sa souffrance plutôt que d’être envahi par elle. Cette distance est thérapeutique en soi : elle crée un espace de réflexion là où il n’y avait que submersion.
Dans le travail avec Marie, cette triangulation prend une forme spécifique qui intègre le système médical. Plutôt que de positionner la médecine comme ayant « échoué », nous l’incluons dans la triangulation : Patient Symptôme Système médical. La question posée devient alors : « Comment la douleur s’y prend-elle pour mettre dans l’impuissance les médecins qui s’occupent si bien de vous ? »
Cette formulation opère plusieurs transformations simultanées :
• Elle externalise la douleur (la douleur devient un agent qui « fait » quelque chose). • Elle reconnaît la compétence et l’engage- ment des soignants.
• Elle invite le patient à adopter une position d’observateur.
• Elle ouvre l’espace pour une réflexion sur la fonction du symptôme.
La convocation sur la scène imaginaire : faire venir les absents présents
La triangulation ne reste pas une structure abstraite. Elle s’incarne dans ce que nous nommons la « convocation sur la scène imaginaire » en vision dans le présent. Il s’agit d’inviter littéralement, dans l’espace thérapeutique, les figures absentes qui habitent pourtant la consultation. Avec Marie, cette convocation prend la forme suivante : « J’aimerais que nous fassions venir en imagination votre médecin avec nous, ici, maintenant. » Cette proposition peut surprendre, mais elle remplit plusieurs fonctions essentielles :
1. Incarner la triangulation : le médecin n’est plus seulement évoqué, il devient une présence imaginaire qui structure l’espace thérapeutique.
2. Légitimer la continuité du parcours : en faisant venir le médecin, nous signifions que le travail thérapeutique s’inscrit dans la continuité des soins, non en rupture avec eux.
3. Transformer l’impuissance en transmission : le médecin qui « ne peut plus rien » devient celui qui « passe le relais », mainte- nant ainsi sa fonction soignante.
La question clé qui accompagne cette convocation est : « Qu’avez-vous observé chez votre médecin qui vous a amenée à faire confiance dans sa prescription ? » Cette interrogation déplace l’attention : ce n’est plus l’échec médical qui est au centre, mais la qualité du lien soignant qui a permis la transmission. Cette phase de la rencontre établit les fondations relationnelles sur lesquelles va pouvoir s’édifier le travail thérapeutique. Elle crée un espace/temps sécure, légitimé par la continuité des soins, où le patient peut commencer à explorer autrement sa relation à sa souffrance.
II. LA TRANSE : DE LA TRANSE TRAUMATIQUE À LA TRANSE THÉRAPEUTIQUE
Deux états, deux logiques.
La notion de transe occupe une place centrale dans notre approche, mais elle doit être comprise dans son articulation avec les mondes relationnels traumatiques. Nous distinguons deux formes de transe qui correspondent à deux logiques existentielles radicalement différentes.
La transe traumatique se caractérise par :
• Un figement : le temps est arrêté, la personne est coincée dans un moment qui ne passe pas.
• Une fragmentation : le sujet est dissocié de parties de lui-même, de son histoire, de ses ressources.
• Une dislocation temporelle : le passé envahit le présent, l’avenir semble impossible.
• Un affaiblissement de l’élan vital : l’énergie de vie ne circule plus librement.
• Un isolement : la personne est coupée des autres, enfermée dans un monde autarcique. La transe thérapeutique s’inscrit dans une dynamique inverse :
• Une vibration : quelque chose se met en mouvement, le vivant reprend ses droits.
• Une unification : les différentes parts du sujet peuvent entrer en dialogue.
• Une fluidité temporelle : le passé peut être revisité, le présent habité, l’avenir envisagé.
• Une circulation de la vie : l’énergie vitale retrouve sa mobilité.
• Une connexion : les liens avec soi-même et avec les autres se rétablissent.
Cette distinction n’est pas qu’une typologie descriptive. Elle oriente fondamentalement l’intervention thérapeutique : il ne s’agit pas de « sortir » le patient de la transe (ce qui serait impossible puisqu’il y est déjà), mais d’accompagner la transformation d’une transe traumatique en transe thérapeutique.
La transe relationnelle : un état partagé, jamais individuel.
L’un des apports majeurs de la TLMR est de repenser la transe comme phénomène fondamentalement relationnel. Contrairement à une conception classique qui verrait la transe comme un état induit par le thérapeute chez le patient, nous proposons que la transe émerge dans l’espace-temps relationnel créé par la rencontre thérapeutique.
Cette proposition implique plusieurs conséquences importantes :
1. La transe n’est pas induite de l’extérieur : elle émerge de la rencontre, de la synchronisation progressive des rythmes entre thérapeute et patient.
2. Le thérapeute participe à la transe : il n’est pas un observateur extérieur manipulant un sujet, mais un co-créateur de l’état modifié de conscience qui permet le travail thérapeutique.
3. La transe contourne les défenses conscientes : elle permet d’accéder à des niveaux d’expérience et de sens qui ne sont pas accessibles par le discours rationnel ordinaire.
4. La transe permet la synchronisation des rythmes : respiratoires, posturaux, toniques, émotionnels. Cette synchronisation crée les conditions d’une résonance qui facilite la transformation.
Comme nous aimons à le formuler : « Ce n’est pas le thérapeute qui met en transe, c’est le lien qui génère la transe partagée. » Cette formule n’est pas qu’un slogan : elle décrit une réalité clinique que tout praticien peut observer dans sa pratique.
Le geste thérapeutique : invocation corporelle de la mémoire
Dans l’espace de la transe relationnelle, le geste prend une importance particulière. Il ne s’agit pas d’une technique hypnotique codifiée, mais d’une présence incarnée qui accompagne l’émergence du matériel traumatique.
Avec Marie, ce geste prend la forme suivante :
« Je vous demande de porter votre attention sur le pouvoir de cette douleur sur votre ventre... »
Simultanément, ma main gauche s’avance lentement vers son ventre, sans jamais le toucher, maintenant une distance d’une vingtaine de centimètres. Ce geste crée une focalisation attentionnelle et une présence incarnée qui ne soit pas intrusive. Puis vient l’invitation : « ... et nous observons le premier souvenir qui vient se mettre là, maintenant... » Ce « nous observons » est crucial : il signifie que le thérapeute accompagne le patient dans cette exploration, qu’il ne l’envoie pas seul dans ses mémoires traumatiques. Le geste de la main crée comme un pont entre le présent de la consultation et le passé qui va émerger dans ce présent. Il incarne la présence du thérapeute au moment même où le patient va re- visiter des zones douloureuses de son histoire.
Le principe est celui d’une réceptivité plutôt que d’une volonté. Il ne s’agit pas de « faire venir » un souvenir par un effort conscient, mais de créer les conditions pour que ce qui doit émerger puisse le faire. Cette posture de non-attente active est au cœur de notre approche thérapeutique.
III. LE DÉVOILEMENT : NON PAS DES FAITS, MAIS DES EFFETS La distinction fondamentale : faits versus effets.
Le troisième temps thérapeutique est celui du dévoilement. Mais qu’est-ce qui se dévoile exactement ? Cette question est cruciale car elle détermine la nature même du travail thérapeutique et les résistances qu’il peut rencontrer. Nous proposons une distinction fondamentale entre deux formes de dévoilement :
Le dévoilement des faits concerne :
• Les événements passés (ce qui s’est passé). • Le récit historique (comment les choses se sont déroulées).
• Une dimension qui peut rester confinée dans le passé.
• Un matériel qui, bien que douloureux, est paradoxalement moins menaçant.
Le dévoilement des effets concerne :
• L’impact présent de ces événements (ce qu’ils font maintenant).
• Le monde relationnel actuel tel qu’il a été façonné par l’histoire.
• Une dimension qui appelle un repositionnement existentiel.
• Un matériel véritablement menaçant car il engage le présent et l’avenir.
Cette distinction permet de comprendre...
Pour lire la suite de la Revue Hypnose et Thérapies Brèves 80: Fev. / Mars / Avril. 2026.
Dr Éric Bardot
Psychiatre, pédopsychiatre, psychothérapeute, installé en libéral. Il est le concepteur de la Thérapie du lien et des mondes relationnels (TLMR) et du Dessin orienté solution. Directeur et formateur à l’Institut de formation Mimethys. Formateur au DU d’hypnose à la Faculté de médecine de Nantes.
Pour lire la suite de la Revue Hypnose et Thérapies Brèves 80: Fev. / Mars / Avril. 2026.
TRAUMATISMES.
Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente ce n°80…
6 / Éditorial : L’importance d’aller dans le sens de la résistance Julien Betbèze.
8 / En couverture : Mikhaël Allouche & Ana Waalder. Le récit alternatif Interview par Sophie Cohen.
12 / Faire face à une situation réputée difficile Donner du temps au temps Jacques-Antoine Malarewicz.
20 / Le vide, l’inspiration, la vacuité. Exemples d’intervention en thérapie systémique et stratégique brève. Nathalie Koralnik.
30 / Deuil en thérapie narrative. « Bonjour Papi Georges » Stéphanie Robert.
ESPACE DOULEUR DOUCEUR
40 / Introduction Gérard Ostermann.
44 / La perte en gériatrie Miroir d’un effondrement psychique. Johanna Rabinovici.
DOSSIER TRAUMATISMES
55 / Levée d’amnésie traumatique.« Ranger sa bibliothèque lorsque les souvenirs reviennent ». Cécile Condaminas.
62 / Endométriose post-traumatique Libérer les sujets du pouvoir du monde traumatique avec la TLMR. Éric Bardot.
74 / Viols et abus sexuels avec usage de stupéfiants Traitement avec la PTR Gérald Brassine.
QUIPROQUO
84 / Difficile. S. Colombo, Muhuc.
BONJOUR ET APRÈS...
88 / Madeleine. Sa vie bouleversée après les soins d’un cancer. Sophie Cohen.
CULTURE MONDE
92 / Au Vietnam, dans la chambre des âmes. Sylvie Le Pelletier- Beaufond.
LIVRES EN BOUCHE
96 / J. Betbèze, S. Cohen.
Illustrations du numéro: Mikhael Allouche et Ana Waalder.
Julien Betbèze, rédacteur en chef, nous présente ce n°80…
6 / Éditorial : L’importance d’aller dans le sens de la résistance Julien Betbèze.
8 / En couverture : Mikhaël Allouche & Ana Waalder. Le récit alternatif Interview par Sophie Cohen.
12 / Faire face à une situation réputée difficile Donner du temps au temps Jacques-Antoine Malarewicz.
20 / Le vide, l’inspiration, la vacuité. Exemples d’intervention en thérapie systémique et stratégique brève. Nathalie Koralnik.
30 / Deuil en thérapie narrative. « Bonjour Papi Georges » Stéphanie Robert.
ESPACE DOULEUR DOUCEUR
40 / Introduction Gérard Ostermann.
44 / La perte en gériatrie Miroir d’un effondrement psychique. Johanna Rabinovici.
DOSSIER TRAUMATISMES
55 / Levée d’amnésie traumatique.« Ranger sa bibliothèque lorsque les souvenirs reviennent ». Cécile Condaminas.
62 / Endométriose post-traumatique Libérer les sujets du pouvoir du monde traumatique avec la TLMR. Éric Bardot.
74 / Viols et abus sexuels avec usage de stupéfiants Traitement avec la PTR Gérald Brassine.
QUIPROQUO
84 / Difficile. S. Colombo, Muhuc.
BONJOUR ET APRÈS...
88 / Madeleine. Sa vie bouleversée après les soins d’un cancer. Sophie Cohen.
CULTURE MONDE
92 / Au Vietnam, dans la chambre des âmes. Sylvie Le Pelletier- Beaufond.
LIVRES EN BOUCHE
96 / J. Betbèze, S. Cohen.
Illustrations du numéro: Mikhael Allouche et Ana Waalder.
Différences et points communs entre EMDR Intégrative et TLMR
L’EMDR, l’EMDR - IMO (appelée aussi EMDR Intégrative), et la TLMR Thérapie du Lien et des Mondes Relationnels sont des approches thérapeutiques du traumatisme, mais reposent sur des logiques différentes.
L’EMDR Intégrative vise à retraiter un souvenir traumatique en stimulant le cerveau, notamment par des mouvements oculaires ou corporels, pour désensibiliser la charge émotionnelle.
Elle s’appuie sur un protocole structuré centré mais flexible (l’EMDR Intégrative permet un ajustement clinique et la créativité thérapeutique sur un événement traumatique, et plus adaptative.
La TLMR, elle, ne cherche pas d’abord à traiter un souvenir, mais à comprendre le « monde relationnel » dans lequel la personne est prise.
Elle considère que le symptôme est l’expression d’un système relationnel figé, pas seulement d’un trauma isolé.
Là où l’EMDR Intégrative travaille sur la mémoire, la TLMR travaille sur les liens, les positions et les loyautés invisibles.
La transe en EMDR est un outil et est co-construite, en TLMR elle est surtout co-construite.
Les deux peuvent être complémentaires selon la situation du patient.
De toutes façons, ce n’est pas l’outil qui soigne, mais le processus d’intégration activé chez le patient.
L’EMDR Intégrative vise à retraiter un souvenir traumatique en stimulant le cerveau, notamment par des mouvements oculaires ou corporels, pour désensibiliser la charge émotionnelle.
Elle s’appuie sur un protocole structuré centré mais flexible (l’EMDR Intégrative permet un ajustement clinique et la créativité thérapeutique sur un événement traumatique, et plus adaptative.
La TLMR, elle, ne cherche pas d’abord à traiter un souvenir, mais à comprendre le « monde relationnel » dans lequel la personne est prise.
Elle considère que le symptôme est l’expression d’un système relationnel figé, pas seulement d’un trauma isolé.
Là où l’EMDR Intégrative travaille sur la mémoire, la TLMR travaille sur les liens, les positions et les loyautés invisibles.
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